Armindo Fonseca (Fortuneo-Vital Concept)
Armindo Fonseca (Fortuneo-Vital Concept), le solitaire du jour | DE WAELE Tim / TDWsport Sarl / DPPI media

Tour de France 2016: la drôle de journée d'Armindo Fonseca

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Il est rare pour un coureur d'avoir pendant si longtemps tous les yeux braqués sur lui. C'est ce qu'Armindo Fonseca a expérimenté sur la troisième étape du Tour de France 2016. Seul à l'avant pendant une bonne partie de la journée, le coureur de Fortuneo-Vital Concept a connu une journée spéciale.

On connaissait le club des 5, le club des 7, le trio de tête, le duo de fuyard, le quatuor échappé, moins le loup solitaire. Armindo Fonseca a eu seul les honneurs des caméras de télévision entre Granville et Angers avant que Thomas Voeckler ne le rejoigne à 84 kilomètres de l’arrivée. Bilan, 216 kilomètres à l’avant pour lui le Breton de la formation bretonne Fortuneo-Vital Concept, sur une étape qui passait en… Bretagne ! « La course passait en Ile-et-Vilaine, j’avais à cœur d’être devant ». On se doutait qu’Armindo Fonseca tenterait sa chance sur les 222 kilomètres du jour, on n’imaginait pas en revanche pas qu’il se retrouverait seul à l’avant.

Un rythme de sénateur

« On a attendu 10-15 kilomètres pour que quelqu’un revienne mais personne ne semblait vouloir partir » a expliqué Emmanuel Hubert le manager de l’équipe. Après avoir rapidement pris du champ, Fonseca a ralenti l’allure jusqu’à rouler à un « rythme d’entraînement » toujours selon Emmanuel Hubert. Et pour cause, après seulement trois jours de Tour de France, le peloton avait décidé de rouler tranquillement entre Granville et Angers. Lors des deux premières heures de course, les 198 coureurs de la Grande Boucle n’ont parcouru que 34,2 kilomètres, la moyenne tombant même à 30 lors de la deuxième heure de course, loin des 39 prévus sur le rythme le moins optimiste de l'organisation. L’habituel jeu du chat et de la souris entre le peloton et l’échappée s’est transformé en un duel entre deux tortues. Jusqu’au moment où Thomas Voeckler a décidé de secouer le cocotier.   

Pas élu combatif du jour

« C’est forcément plus simple à deux que tout seul, avouait Fonseca après l’arrivée. Thomas est un excellent soutien ». Oui mais voilà, l’écart entre l’homme de tête et le peloton était retombé à 2’30 alors qu’il avait passé les 11 minutes au plus fort de la journée. Surtout quand Thomas Voeckler compose une échappée, le peloton ne laisse plus faire, chacun connaissant le sens tactique du coureur de Direct Energie. A deux, Fonseca et son compagnon font revivre le combat entre David et Goliath, sauf que cette fois le plus fort l’emporte en revenant sur le duo à huit kilomètres de la ligne. Cette même-ligne sur laquelle Mark Cavendish s’imposera d’un rien devant Andre Greipel. Bien plus loin Voeckler (172e) et Fonseca (175e) ne se quittaient toujours pas. En revanche, seul le plus expérimenté des deux avait la joie de monter sur le podium en étant élu combatif du jour. Une décision du jury qui ne plaisait pas totalement à Emmanuel Hubert même si celui-ci refusait d’en faire une polémique. Toujours est-il qu’avec 138 kilomètres en solo à l’avant, Armindo Fonseca avait fait la preuve de sa combativité extrême.