Tony Martin, Omega Pharma Quick Step 04/2014
Le coureur allemand Tony Martin | DIRK WAEM/AFP

Tony Martin revient aux fondamentaux

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Le maillot à pois rouges sur les épaules de Tony Martin après deux grosses étapes dans les Vosges, cela constituait déjà en soi une incongruité, tant le solide rouleur allemand, grand spécialiste du chrono, était plutôt réputé pour ses qualités de puissance, et n’avait jamais été à la fête dès la route s’élevait. Mais après avoir réussi un numéro énorme et pris les points de la montagne en passant les cols en tête, il s’était retrouvé sous les feux des projecteurs pour un exploit inhabituel pour lui. En coureur consciencieux, bien que ne faisant guère d’illusions, le triple champion du monde du contre la montre a donc tout de même défendu son maillot…Avant de craquer dans l’avant-dernière ascension.

Visiblement, l’étonnant coureur de la formation Omega-Pharma-Quick Step a bien préparé son Tour. Il s’est encore projeté à l’avant dans cette difficile étape de la Planche des Belles Filles, dans une lutte à distance avec Rodriguez pour le maillot à pois. Certes, Martin sait très bien qu’il ne peut pas rivaliser avec les vrais grimpeurs, mais il n’abdique pas facilement. "Je n’aime pas les échappées à plusieurs coureurs. Je suis fait pour les attaques sèches et quand je sens que je fais un écart, j’insiste sans réfléchir. J’ai progressé dans la montagne et je peux faire des efforts de trois ou quatre heures. Ensuite, je suis conscient que ce n’est pas là que je suis le meilleur. Mais si je peux rester au classement de la montagne, je vais essayer de prendre des points. Maintenant, on ne peut pas non plus s’éparpiller. Je dois garder mon rôle d’équipier pour Michal Kwiatkowski qui est très bien placé au général". On a vu d’ailleurs Tony Martin aux côtés du Polonais dans les ascensions de la journée.

L’Allemand qui se disait ravi lundi de la victoire de la Mannschaft en coupe du monde, veut aussi que ses compatriotes apprécient les performances accomplies sur les routes du Tour.   "J'espère que les Allemands vont se rendre compte de nos exploits", explique cet enfant de la "nouvelle Allemagne" qui a apporté une 5e victoire à son pays. Il sait aussi que pour attirer l’attention, il faut parfois faire un show : "Je pense que je suis surtout connu pour certains paris fous que je peux faire, comme une échappée en montagne moi qui ne suis pas grimpeur. Parfois ça marche, parfois non, c’est aussi une question de stratégie. Mais comme je ne suis pas non plus rapide au sprint, il faut que l’échappée soit réfléchie. C’est tout ou rien".

Il ne faut pas s’attendre cependant à le voir tous les jours à l’attaque. Tant qu’il sera encore "dans les clous pour terminer dans les trois premiers du classement de la montagne" peut-être, mais pour le reste, c’est l’équipe qui prime. Une équipe un peu maussade la première semaine, et qui a retrouvé le moral après la victoire de Trentin. "C'est sûr que l’abandon prématuré de Cavendish avait miné le moral de l’équipe, mais ensuite la victoire de Matteo a enlevé de la pression… Malgré tout, nous avons toujours été actifs, même sans réussite. Maintenant le classement s’est décanté; on a le travail à faire pour Kwiatkowski , l’aider à revenir dans le haut du classement, et à reprendre son maillot blanc".

Christian Grégoire