Tony Gallopin
Tony Gallopin aura passé une journée compliquée en jaune sur le Tour 2014 | DAVID STOCKMAN / BELGA MAG / BELGA/AFP

Tony Gallopin : "C'était l'enfer"

Publié le , modifié le

Tony Gallopin n'a "pas pu profiter" de sa première journée en jaune sur le Tour de France. Entre Mulhouse et la Planche des Belles Filles, le coureur français a vécu un "enfer" en tentant de s'accrocher aux favoris du peloton. Il reste toutefois placé au général : 5e à 3'12 de Vincenzo Nibali.

Comment avez-vous vécu cette journée en jaune ?
Tony Gallopin : "Je n’ai vraiment pas pu profiter. J’ai souffert comme pas possible. J’ai tout donné mais tous les cols étaient durs et le temps n’était pas encore de la partie. J’ai rêvé d’une plus belle journée. Ça a été quatre heures de souffrance."

Vous vous êtes longtemps accroché…
T.G.: "Oui, un maillot jaune, ça se respecte. Je pense qu’avec des jambes comme ça, si je m’étais écouté, je me serais retrouvé dans le gruppetto mais avec le maillot, je ne pouvais pas. Même les cols au milieu étaient durs, dans le brouillard, c’était l’enfer. Ça allait un peu mieux sur le final, j’y ai cru l’espace d’un instant, j’ai roulé à fond jusqu’au final mais je savais que ça n’allait pas suffire."

"Plus que de la souffrance"

Ce maillot donne des ailes tout de même : vous ne l’avez lâché que dans la dernière montée…
T.G.: "Non, il ne donne pas d’ailes. Des journées comme ça, c’est plus que de la souffrance. Ça va au-delà. Je n’ai pas le souvenir d’une journée avec autant de souffrance sur un vélo. Je suis content que ça soit terminé et que je puisse penser au repos demain."

L’abandon d’Alberto Contador a-t-il changé quelque chose pour vous aujourd’hui ?
T.G.: "Pour moi non, je savais que les équipes des leaders allaient de toute façon rouler pour aller chercher Kwiatkowski. Le Tour de France perd encore un grand bonhomme, si ce n’est le favori. C’est triste, après Froome."

Est-ce la faute à la nervosité du peloton ?
T.G.: "Non, pas tellement. On était en tête dans la descente où Contador est tombé et je ne pense pas qu’on ait pris de risques ; au contraire, on s’était dit qu’on allait la faire tranquille. Ce sont des choses qui arrivent, surtout depuis le début de ce Tour où on a une malchance incroyable avec le temps. Il pleut presque tous les jours. Les organismes sont fatigués, dans la tête ce n’est pas facile : un moment de déconcentration, ça peut aller vite."

Votre équipier Jurgen Van den Broeck joue le général : quelle était la stratégie ce matin ?
T.G.: "Elle n’était pas simple mais depuis le début du Tour, Jurgen est notre leader. C’était notre carte maîtresse aujourd’hui même si j’avais le maillot jaune. L’équipe a fait tout ce qu’elle pouvait, c’était une fierté de voir Greipel rouler dans les cols pour moi. Il a bien travaillé, même dans le final, Lars Bak et Adam Hansen faisaient encore tout pour nous, je peux tous les remercier."