Thibaut Pinot
Thibaut Pinot a livré un joli duel avec Alejandro Valverde dans la montée vers Chamrousse | LIONEL BONAVENTURE / AFP

Thibaut Pinot, l’heure des responsabilités

Publié le , modifié le

Il aura fallu attendre la troisième arrivée au sommet (et autant de Top 5) pour voir Thibaut Pinot passer à l’attaque loin de la ligne afin de creuser des écarts au général. Ce vendredi à Chamrousse, le leader de la FDJ.fr a encore grandi. Il estime désormais qu’il fait partie des prétendants au podium.

Plus ça va, plus Thibaut Pinot hausse la barre. A Gerardmer, alors que Christopher Froome avait déjà abandonné, il estimait que les cadors restant étaient encore "bien au-dessus" de lui. Au sommet de la Planche des Belles Filles, chez lui, après l’abandon d’Alberto Contador, il refusait de s’emballer en évoquant toujours le Top 10 comme principal objectif.

Une attaque lointaine pour "durcir"

Le Franc-Comtois n’en est désormais plus là. "Il faut que je bouge, maintenant je fais partie des prétendants au Top 5, voire au podium", a-t-il lâché ce vendredi à Chamrousse, après avoir franchi un cran supplémentaire au général (4e à 4’40 de Vincenzo Nibali).

A la hauteur de ces nouvelles ambitions, Pinot a choisi de passer à l’attaque à douze kilomètres de l’arrivée, provoquant notamment le décrochage de Richie Porte. "C’est une montée assez longue que j’aime bien, explique le Français en évoquant le premier col hors-catégorie du Tour 2014. Il me semblait que ça se regardait, j’ai voulu commencer à durcir. Il n’y avait quasiment plus d’équipier dans le groupe, je voulais voir ce que ça donnait". Dans une forme olympique? Pas du tout : "J’avais des jambes… normales. J’ai tenté". 

"Il y a Nibali et les autres"

Après avoir laissé filer le duo Majka-Konig, Pinot n’a pas réussi à suivre Nibali -qui s’est envolé vers une troisième victoire d’étape- et s’en ensuite frotté à Alejandro Valverde, avec lequel il ne s’est pas entendu. "Je ne l’ai pas compris, regrette le grimpeur tricolore. Il me dit qu’il est à bloc, pendant deux bornes il reste dans ma roue puis il me met une grosse attaque et fait le sprint. Je n’ai pas compris sa tactique. On ne serait pas rentré sur Nibali mais on aurait pu creuser des écarts".

Cette magnifique impression ne change "rien" à sa carrière : "Nibali ou Valverde, j’ai déjà réussi à les suivre, explique-t-il. Je ne fais qu’une cinquième place". Et le maillot jaune italien évolue sur une autre planète. "Il y a Nibali et les autres", résume-t-il. Mais la tendance de ces derniers jours a été confirmée : l’armada française est bien prête à accrocher un podium à Paris cet été. Et comme cela se jouera d’abord dans la montagne, Pinot en est aujourd’hui son plus beau représentant.