Thibaut Pinot
Thibaut Pinot espère effacer le souvenir du Tour 2013 | Alexandre MARCHI/PHOTOPQR/L''EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Thibaut Pinot en reconquête

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L’an passé, Thibaut Pinot n’avait pas réussi à confirmer sa prometteuse dixième place au général du Tour de France 2012. Plus serein, il aborde cette nouvelle édition avec moins de pression et l’envie de se lâcher. Le Tricolore l’avoue sans scrupule : il a une revanche à prendre.

On ne pourra pas reprocher à Thibaud Pinot de manquer de lucidité. Le grimpeur de la FDJ.fr n’a aucun problème à reconnaître qu’il est "trop tendu", pas assez sûr de lui, frileux dans les descentes. Difficile aussi de lui reprocher le moindre manque d’implication et d’envie pour corriger ces faiblesses. Par exemple, à l’occasion du Trophée Andros à l’Alpe d’Huez en décembre dernier, le Français s’était essayé à la course automobile sur glace afin d’améliorer ses trajectoires. Du coup, il estime arriver à Leeds -d’où se lancera le peloton du Tour le 5 juillet prochain- en forme, plus mature, mieux armé.

Mais ses performances de juillet seront forcément évaluées par rapport à ses expériences passées sur la Grande Boucle. Certains se rappelleront qu’en 2012, sans expérience, il avait déjà réalisé une course admirable du haut de ses 22 ans : dixième du général sur son premier grand tour, il s’était même offert une prestigieuse victoire d’étape à Porrentruy, en solitaire, résistant au retour de l’armada Evans/Wiggins/Nibali/Froome. D’autres préféreront relativiser en se souvenant du calvaire du Français l’été dernier, mal à l’aise avec l’énorme pression qui reposait sur ses épaules, malade puis forcé à l’abandon avant l’arrivée à Paris.

Vichot : "On fera le Tour pour lui"

Quel visage Pinot montrera-t-il cette fois-ci ? Pas vraiment à son avantage en ce début de saison (10e du Tour de Romandie et 9e du Tour du Pays basque pour meilleures performances), le Tricolore se remet à peine d’une bronchite qui le privera des Championnats de France ce dimanche. Pourtant, comme ces deux dernières années, Marc Madiot a décidé d’en faire le grand leader de sa formation, celui qui sera protégé pour une place au général, et sur lequel reposera une bonne partie des espoirs du clan français.

La présence imposante d’Arnaud Démare, qui visera un maximum de victoires d’étapes au sprint, peut-elle affecter l’application des coureurs de la FDJ.fr à protéger Pinot ? Certainement pas : "Il y a la possibilité qu’Arnaud (Démare) roule pour Thibaud (Pinot) sur l’étape des pavés (le 9 juillet)", a même reconnu William Bonnet, l’un des lanceurs du jeune sprinteur. Sur son terrain de prédilection, en montagne, c’est surtout autour d’Arnold Jeannesson, voire de Jérémy Roy et d’Arthur Vichot ("on fera le Tour pour lui", a assuré ce dernier), que Pinot tentera de s’abriter. Ne pas croire pour autant qu’il manque d’audace : même face aux favoris, il profitera de la moindre ouverture pour s'envoler. Et chasser ses démons.