Sans Froome, ils peuvent gagner le Tour

Sans Froome, ils peuvent gagner le Tour

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Au départ du Tour 2014, en présence de Christopher Froome, ils pouvaient difficilement prétendre arriver en jaune à Paris. Sans le Britannique, la redistribution des cartes pour la victoire finale pourrait leur permettre de tirer leur épingle du jeu. Eux, ce sont les outsiders de la Grande Boucle, aux ambitions accrues par l’abandon du tenant du titre.

Évidemment, Vincenzo Nibali, l’actuel maillot jaune auteur d’une démonstration de force sur les pavés mercredi, et Alberto Contador, le meilleur grimpeur encore en course, restent les indéniables favoris d’une Grande Boucle qu’ils ont préparé comme jamais. Mais sans Chris Froome, incapable de résister aux pavés avec un poignet en rade, les seconds couteaux ont une jolie carte à jouer.

Talansky, l'oublié

Sur le Critérium du Dauphiné, tapi dans l’ombre du duel attendu entre ‘Froomey’ et le ‘Pistolero’, Andrew Talansky avait surgi dans la dernière étape pour s’offrir un improbable sacre. S’il est encore un tout petit peu tendre, l’Américain a les armes pour surprendre : le culot, une certaine expérience des grands tours (7e de la Vuelta 2012, 10e du Tour 2013) et un placement déjà idéal au général (9e à 2’05) avant l’entame des Vosges samedi.

Également membres du Top 10, ce qui n’est pas une mince affaire après le passage chaotique en Angleterre et l’ahurissante cinquième étape, Jurgen Van den Broeck (6e à +1’45) et Alejandro Valverde (10e à 2’11) ne devraient pas eux non plus manquer à l’appel des outsiders. Solide sur les pavés, le Belge a déjà terminé deux fois au pied du podium de la Grande Boucle et reste encore trop sous-estimé. Quant à l’Espagnol, qui profite de l’absence de Nairo Quintana pour prendre le leadership de la formation Movistar, il réalise un énorme début de saison et a reconnu mercredi qu’il y avait "un coup à jouer" sans Froome.

Kwiatkowski, la grosse cote

Toujours devant Contador au général, Tejay Van Garderen (12e à 2’11), Rui Costa (13e à 2’11) et Bauke Mollema (18e à 2’27) représentent eux aussi de sérieuses menaces. Le leader américain de la BMC a impressionné lors de ses dernières prestations en montagne et était arrivé à Leeds avec un podium pour objectif. Le champion du monde portugais, vainqueur de deux étapes l’an passé, a lui décidé de s’attaquer cette fois-ci au général et se reposera pour cela sur sa polyvalence. Enfin, le Néerlandais est dans de bonnes dispositions pour faire mieux que l’an passé (6e), où il avait même été deuxième au général avant de chuter lors de la dernière semaine.

Parmi les plus grosses surprises potentielles, Michal Kwiatkowski (4e à 0’’50!) aura lui aussi à cœur de confirmer son potentiel et son impeccable première partie de saison en s’accrochant aux cadors en montagne, ce qui ferait de lui un candidat assez crédible à la victoire finale. Ne pas oublier non plus Richie Porte (8e à 1’54), qui même s’il est quasi-transparent depuis le début de l’année, quitte son rôle de soutien pour devenir l’incontestable leader de la Team Sky. 

Pinot en confiance

Côté Français, pas de vrai prétendant à la victoire mais quelques paris de plus en plus intéressants à prendre. Tony Gallopin (7e à 1’45) est très en vue, AG2R-La Mondiale a envoyé deux leaders destinés à traîner dans les pattes des favoris, Romain Bardet (11e 2’11) et Jean-Christophe Péraud (24e à 3’29), tandis que Thibaut Pinot (15e à 2’25) a bluffé de par sa capacité à tenir sur les pavés et annonce que la course sera désormais "plus débridée". Avec Pierre Rolland (35e à 5’18), prudent mercredi sur les pavés, il est sans doute le coureur tricolore le plus à même de venir bousculer la hiérarchie.

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer