Ruban Plaza Molina grimace TDF
Ruban Plaza Molina (Lampre-Merida) en plein effort | MAXPPP

Sans Rui Costa, Lampre-Merida a retrouvé le sourire

Publié le , modifié le

Orpheline de son leader Rui Costa, l’équipe italienne Lampre-Merida a parfaitement réussi sa mutation sur cette deuxième partie du Tour de France. A défaut de s’immiscer dans la lutte pour le classement général, elle a animé l’étape entre Bourg-de-Péage et Gap avec un superbe succès de Ruben Plaza Molina à la clé.

« Après l’abandon de Rui Costa, on se reporte sur ce qu’on peut. » Quand le Portugais, champion du monde en 2013, a quitté le Tour de France, c’est toute l’équipe Lampre-Merida qui était en souffrance. Oubliées les ambitions du général, place aux étapes. Pour faire briller l’équipe italienne, chacun avait carte blanche. « On a eu des moments très difficiles depuis le début du Tour de France, lâche Philippe Mauduit, le directeur sportif de Lampre-Merida. On n’arrivait jamais à prendre l’échappée qui allait bien. » Jusqu’à cette étape idéale pour les baroudeurs avant la deuxième journée de repos. Equipier modèle qui se sacrifie toute l’année pour les autres, l’Espagnol a cette fois saisi sa chance. Là c’était son jour. « Il est chez nous depuis cette année mais c’est un guerrier qui sait aussi gagner des courses, explique Mauduit. Il en a eu quelques unes dans sa carrière. Ça montre qu’il ne faut pas baisser les bras. Les gars ont toujours fait ce qu’il fallait. On était toujours convaincu qu’ils pouvaient le faire. Et aujourd’hui Ruben a fait un numéro. »

Malgré le retour de Sagan

Dans l’ascension du col de Manse, Plaza Molina a pris son temps pour placer son attaque. Une seule a suffi. « Avec l’expérience, on sait où et quand attaquer, explique-t-il. J’avais bien étudié les autres coureurs dans la montée. » Ses rivaux dans le dur, il a rapidement créé un gros écart. Au sommet, il avait quasiment une minute. « Il a été la chercher avec les tripes, ajoute Philippe Mauduit. Ce n’est pas seulement parce qu’il y avait Sagan. Derrière, Riblon était plus vite au sprint, Geschke aussi. Il n’y avait pas le choix, il fallait y aller. » Restait à tout donner pour rejoindre l’arrivée en vainqueur. « Sagan, je savais qu’il allait descendre à tombeau ouvert, confirme Plaza Molina. Il me fallait au moins trente secondes en haut. » Dans la voiture, Philippe Mauduit n’en menait pas large quand même. « Je n’étais pas très rassuré quand j’ai vu que ça roulait avec Sagan. Je ne comprenais pas trop. Mais tout est important sur un Tour de France et à la fin tu peux comprendre que ça se batte même pour une deuxième place. Quand il a eu 50 secondes d’avance je me suis dit qu’il fallait que les autres soient très forts pour aller le chercher et sans se regarder. »

Frayeur dans la descente

Sauf que l’Espagnol manquait de chuter dans un virage très serré. Une petite glissade et un tout droit là où Geraint Thomas finira dans le décor quelques minutes plus tard. « Il s’est fait une petite frayeur dans la descente, reprend Mauduit. Je l‘avais prévenu que ça tournait dur à droite. Au début je pense qu’il avait peur de perdre trop de temps dans les virages. Après il a bien compris qu’il fallait assurer. Il l’a fait dans toutes les courbes qui ont suivi. Avec trente secondes en bas, c’était bon. » Lampre-Merida tient sa revanche contre l’infortune. Le contrat est rempli alors que Paris se profile à la fin de la semaine. « L’objectif, c’était minimum une victoire d’étape. Ça c’est fait mais le Tour n’est pas fini, prévient Mauduit. Il reste cinq belles étapes et il ne faut pas qu’on se démobilise. Il faut aller bien jusqu’à Paris. » Quoi qu’il arrive, ce sera avec le sourire.