Romain Bardet
Cinquième au général, libéré de la pression du podium, comment Romain Bardet se comportera-t-il ce mercredi? | JEFF PACHOUD / AFP

Romain Bardet, le dilemme

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Après avoir perdu son maillot blanc et sa place sur le podium mardi dans la montée du Port de Balès, Romain Bardet doit changer d'attitude pour les deux dernières étapes pyrénéennes du Tour de France 2014. Deux options s’offrent à lui : se contenter de soutenir Jean-Christophe Péraud, l’autre leader d’AG2R-La Mondiale, ou lâcher les chevaux et partir à l’attaque ce mercredi vers Saint-Lary Pla d’Adet.

Mardi, la défaillance

Pour la première fois depuis le départ du Tour de France, Romain Bardet a été lâché par ses rivaux. Dans les pentes du Port de Balès, celui qui occupait alors la troisième place du général n’a pas résisté à l’accélération de Thibaut Pinot en tête du groupe maillot jaune. "Je me suis senti bien tout au long de l’étape jusqu’à la dernière ascension où j’étais un petit peu trop euphorique au pied, a admis Bardet. J’ai vraiment eu un coup de moins bien en plein milieu de l’ascension". Au final, le grimpeur de 23 ans a su limiter les dégâts en se calant dans la roue de Samuel Dumoulin, son équipier parti plus tôt dans une échappée. "Un regard a suffi, il a coupé son effort pour m’attendre et (…)  m’a permis de ne pas perdre les pédales à un moment où mentalement c’était très dur". Bardet a finalement passé la ligne avec 40 secondes de retard sur le duo Pinot-Péraud, glissant de deux crans au général (5e à 6’40 de Nibali).

Mercredi, à l’abordage

L’étape la plus courte (124,5 km), mais sans doute la plus difficile du Tour 2014 (quatre cols dont un final hors-catégorie), permettra-t-elle à Bardet de retrouver le podium? Pour cela, le Français n’a pas le choix : il devra prendre tous les risques et se montrer plus offensif qu’il ne l’a jamais été. Mardi soir, il avouait à demi-mot qu’il pourrait passer à l’attaque. "Quand on se retrouve distancé c’est toujours difficile à encaisser mais il ne faut jamais baisser les bras : même si j’ai perdu une bataille aujourd’hui, il reste encore de belles étapes dans les Pyrénées et je vais peut-être avoir un peu plus de liberté, expliquait-il. L’étape de demain (ce mercredi)  me correspond bien et j’espère que les jambes seront meilleures". Probablement canalisé par sa formation depuis le début du Tour, Bardet pourra enfin se lâcher. Cela avait fonctionné sur le Dauphiné, où il s’était bien replacé au général en s’échappant lors de la dernière étape.  

Jeudi, tout pour Jicé

D'après Cédric Vasseur, un directeur sportif "ne doit pas avoir peur de dire (à ses deux leaders) : on va en mettre un 3e, quitte à ce que l’autre fasse 15e". Dans cette optique, si Romain Bardet ne parvient pas à remonter la pente mercredi et que Péraud (4e à 1'02 du podium) continue s’accrocher à la roue du maillot jaune, les dirigeants d’AG2R-La Mondiale devront se rendre à l’évidence. Après avoir tenté de rentabiliser au maximum ses deux atouts principaux, Vincent Lavenu devra jeter son dévolu sur celui qui est le mieux placé jeudi matin, avant l’ultime étape de montagne marquée par le Tourmalet et Hautacam. Dans l’hypothèse où les positions ne sont pas renversées d’ici là, il choisira de sacrifier le benjamin (23 ans) au profit de son aîné (37 ans). Bardet en a conscience et évoque déjà ce scénario comme étant "une forte éventualité". Le choix de tout miser sur Péraud serait d’autant plus judicieux que l’ancien vététiste est un excellent coureur de contre la montre… et que l’unique chrono du Tour 2014 se déroulera ce samedi, veille de l’arrivée à Paris.

Vidéo : La déception de Bardet à l'arrivée de la 16e étape

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer