Romain Bardet arrivée Bagnères de Luchon
Romain Bardet, à l'arrivée de Bagnères de Luchon. | MATHILDE L'AZOU

Romain Bardet (AG2R La Mondiale), premier français au général et dernière chance de podium à Paris

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Aux deux tiers du triptyque pyrénéen, Romain Bardet s'affirme comme le seul français capable de bousculer la hiérarchie du Tour de France. Présent dans le groupe des favoris à l'arrivée de la 8e étape à Bagnères-de-Luchon, le voilà désormais propulsé dans le Top 10 du classement général. Et visiblement, le coureur d'AG2R La Mondiale peut viser bien plus haut.

Sa frustration sur la ligne d'arrivée était belle à voir. 4e de l'étape du jour, Romain Bardet sait qu'il vient de rater au sprint l'occasion de grappiller quelques secondes de bonification au profit de Dan Martin et Joaquin Rodriguez. Loin de se satisfaire à l'idée de rivaliser avec les meilleurs, Bardet vise bien plus haut. Son objectif se nomme maillot jaune. Et avec cette ambition à l'esprit chaque seconde de glanée sur la concurrence vaut de l'or.

23 secondes. Voilà le temps qui sépare Romain Bardet de Christopher Froome, nouveau maillot jaune du Tour de France 2016. 23 secondes de retard, soit le même temps concédé que Nairo Quintana, Fabio Aru ou Alejandro Valverde. Trois vainqueurs de Grands Tours. Excusez du peu. Si cette deuxième étape dans les Pyrénées a bien confirmé une chose c'est que Bardet est de la trempe de ces champions là. Ou presque. Et tant pis si son CV pèse moins lourd pour le moment. Le temps se chargera vraisemblablement d'y apposer des lignes supplémentaires.

"Plus les ascensions passaient, mieux je me sentais"

A l'arrivée de l'étape, ses premiers mots confirmaient l'impression visuelle laissée durant la course. "Plus les ascensions passaient, mieux je me sentais. J'aime beaucoup ce genre d'étapes très difficiles, avec beaucoup de cols." Il n'y avait qu'à voir son attaque à 16km de l'arrivée sur les pentes du col de Peyresourde pour s'en convaincre. Le Français de 25 ans a des fourmis dans les jambes. Assez voraces pour dévorer les cols les plus copieux des routes de France.

Bardet répond présent et symbolise désormais tous les espoirs de voir un Tricolore sur le podium sur les Champs Elysées. Là où son binôme générationnel Thibaut Pinot colle au bitume, lui s'envole dès la route s'incline. A-t-il mieux abordé l'événement psychologiquement ? Peut-être. "J'ai tout mis de mon côté pour faire du mieux possible sans me mettre de pression négative" admet-il. La méthode porte ses fruits. La suite de l'aventure pour la victoire finale sur ce Tour se jouera avec lui. Ni plus ni moins.

Bien sûr, à l'heure de la distribution des bons points, Warren Barguil et Pierre Rolland - respectivement 14e et 15e du général - méritent eux aussi une mention particulière. Mais ils sont d'ores et déjà repoussés à deux minutes au général. Les places d'honneur sont encore jouables, le podium parait quant à lui compromis.

Voir Romain Bardet briller est finalement tout sauf une surprise. Ce serait oublier que sur les pentes du Dauphiné début juin - la dernière Grand-Messe avant la Grande-Boucle - Bardet se classait à la 2e place du classement général. Devant lui ? Christopher Froome. Il est encore trop tôt pour savoir si cette édition du Tour offrira la même hiérarchie, mais Bardet en est capable. 6e en 2014, 9e en 2015, le coureur de la formation AG2R-La Mondiale semble cette fois prêt à s'attaquer à de nouveaux sommets. Sa seule faute aujourd'hui fut finalement de ne pas suivre Christopher Froome lors de son accélération finale. Mais qui aurait pu imaginer le Britannique se livrer à un tel numéro ? Personne ! Pas même le directeur sportif de la Sky, Dave Brailsford.

Vincent Fossiez @VincentFossiez