Michal Kwiatkowski
A tout juste 24 ans, Michal Kwiatkowski est déjà annoncé comme un candidat crédible à la victoire finale sur un grand Tour | ERIC FEFERBERG / AFP

Que vaut vraiment Michal Kwiatkowski?

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Quatrième au général et en tête du classement de meilleur jeune de la Grande Boucle depuis samedi soir à Gérardmer, Michal Kwiatkowski (24 ans) a pourtant souffert dans les premières pentes vosgiennes. Que manque-t-il au prometteur coureur polonais pour prétendre à une victoire sur un grand Tour ?

Romain Bardet maillot blanc du Tour de France ? Cela pourrait n’être plus qu’une question d’heure. Plutôt à son aise sur les trois cols qui ont ponctué la huitième étape, samedi, le co-leader d’AG2R-La Mondiale (avec Jean-Christophe Péraud) n’est en effet plus qu’à 13 petites secondes de Michal Kwiatkowski au classement du meilleur jeune. Pour cause : dans l’avant-dernière difficulté du jour, le Col de la Grosse Pierre, le Polonais avait déjà lâché prise.

"Un mauvais moment"

"Avant la première montée, c’était une étape plutôt facile, relate le pensionnaire d’Omega Pharma-Quick Step. Puis Tinkoff-Saxo a imprimé son rythme. C’était un peu trop pour moi. Je ne me sentais pas bien". Soutenu par Tony Martin et Jan Bakelants, qui ont choisi de décrocher pour soutenir leur leader, Kwiatkowski a su limiter les dégâts, mais cet incident lui a visiblement bien remis les idées en place. "Michal a connu un mauvais moment", reconnaît son directeur sportif Wilfried Peeters.

"C’est comme ça, les grands Tours, tempère l’intéressé. Il faut survivre à ces passages, garder le contrôle et ne rien lâcher. Je suis content d’avoir passé ces premières ascensions, content d’avoir gardé mon maillot blanc". Mais pour le leader d’une équipe comme OPQS où, de l’aveu de Peeters, "seul Michal Kwiatkowski compte", cela n’incite pas forcément à l’optimisme.

Faut-il vraiment en être surpris ? Suite aux abandons de Chris Froome et du sprinteur maison Mark Cavendish, le Polonais a été présenté comme l’un des plus sérieux outsiders du Tour, surtout en raison de sa onzième place au général l’an passé. Mais il est avant tout un coureur de classiques : cette saison, il a décroché deux podiums sur la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, ainsi qu’un succès de prestige aux Strade Bianche (face à un certain Peter Sagan qui avait encore dû se contenter d’une deuxième place). Il n’a que peu d’expérience sur les courses à étapes, encore moins sur les grands Tours (une Grande Boucle, un Tour d’Italie) qu’il découvre, et surtout, n’est pas un encore grimpeur chevronné.

Déjà le plus polyvalent du peloton?

Excellent rouleur, Kwiatk’ admet volontiers qu’il n’est pas encore un produit fini et qu’il doit encore progresser en montagne. Sur Tirreno-Adriatico, il avait parfaitement lancé sa semaine en remportant le contre-la-montre par équipe, mais Alberto Contador lui ensuite infligé une leçon de grimpette. Heureusement, sa polyvalence lui permet de souvent de s’accrocher aux cadors du peloton, d’autant que le phénomène, déjà très talentueux, possède un potentiel encore impressionnant et progresse à vue d’œil.

On le dit mauvais sur les pavés ? Il a terminé en septième position de la terrible étape de mercredi, à Arenberg. On le croit mauvais grimpeur ? D’après son DS, son Tour "commence vraiment ce dimanche, où les premiers coups seront distribués" à l’occasion d’une neuvième étape marquée par… six ascensions. Cet été sur le Tour, il lui sera difficile de faire mieux qu’en 2013.  Lui-même a avoué qu’il était "encore trop tôt" pour mettre une équipe à son service. Mais s’il fait ce petit pas en arrière, ce n’est sûrement que pour mieux s’élancer dans les années à venir.