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Pierrick Fédrigo place une attaque lors de la 10e étape du Tour de France | Maxppp

Pierrick Fédrigo ne décolère pas

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Déçu et frustré de ne pas avoir été désigné Combatif du jour, lors d’une 10e étape du Tour de France qu’il a pourtant bien animée du début à la fin, Pierrick Fédrigo avait encore du mal à digérer la décision du jury ce mercredi matin.

Il s’était fait un point d’honneur de briller dans sa région, devant les siens. Pierrick Fédrigo n’a certes pas gagné l’étape du jour, mais il a été sans aucun doute celui qui l’a le plus animée. Auteur d’une attaque dès le 7e kilomètre, le Lot-et-Garonnais fut rejoint quelques kilomètres plus tard par Kenneth Van Bilsen. Les deux hommes ont alors effectué un bon bout de chemin ensemble, frôlant les 15 minutes d’avance sur le peloton. Après avoir attendu le Belge de la Cofidis, Fédrigo a placé une nouvelle attaque pour lâcher son compagnon d’échappée, mais le train du peloton emmené –curieusement- par la FDJ et plus logiquement les Movistar, a eu raison du Français du jour, repris à seulement sept kilomètres de l’arrivée.

« Déception et frustration »

S’il n’était pas parvenu à décrocher une cinquième victoire d’étape sur la Grande Boucle, l’enfant de Marmande avait eu le mérite de faire vibrer le public. Pensant avoir au moins la reconnaissance des médias après ce bel effort, le coureur de 36 ans a connu une nouvelle déception en apprenant qu’il n’avait pas été désigné Combatif du jour, et que c'était son compagnon d'échappée qui l'avait été. Les premiers mots de Fédrigo étaient « déception et frustration ». « Je ne cours pas après le prix de la Combativité. Je cours pour gagner, et pas pour un dossard rouge. Les journalistes nous bassinent tous les ans avec le 14 juillet… Ce sont des journalistes qui attribuent ce prix et ils le donnent à Van Bilsen que j’ai attendu, et qui a fait moins de bornes que moi devant. C’est un manque de respect », expliquait après l’étape Fédrigo. Ce matin, c’était silence radio. Fâché, l’intéressé ne souhaitait plus répondre aux médias.

La décision du jury composé de journalistes a en effet surpris un peu tout le monde. Chez Bretagne-Séché, la pilule ne passait pas. Emmanuel Hubert avait « du mal à comprendre » ce qui avait bien pu passer par la tête du jury. Le manageur de l’équipe bretonne a par ailleurs peu apprécié l’attitude de la FDJ qui s’est mise à rouler. « Bravo aux FDJ qui sont montés avec les Movistar pour que l’avance de Pierrick et Van Bielsen fonde plus rapidement », a lancé Hubert, précisant que Fédrigo venait de passer quatre ans chez eux.

"L’erreur" de la ​FDJ

Voir rouler la FDJ pouvait effectivement interpeller tout autant que la décision du jury. S'il comprend la petite polémique, Stéphane Augé a tenu à relativiser. Pour le Directeur sportif de Cofidis (l'équipe de Van Bielsen), la stratégie de la FDJ n’était tout simplement pas la bonne. « Si Thibaut Pinot avait fait dans les trois premiers en haut, cela aurait été une bonne tactique. On en peut pas critiquer, ni rien. Ils veulent aussi sauver leur Tour, donc c’est embêtant pour nous parce que l’on avait un coureur devant, mais c’est le jeu. Une tactique, ce n’est que lorsque la ligne est franchie que l’on sait si elle est bonne. Pour Bretagne, ils l’ont plus en travers, parce que si l’échappée était allée au bout, Kenneth n’aurait pas pu gagner », a-t-il admis, ce qui n'apaisera peut-être pas Fédrigo.

Romain Bonte