Vincenzo Nibali
L'Italien Vincenzo Nibali, en jaune | AFP - LIONEL BONAVENTURE

Vincenzo Nibali, un requin en chasse

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Leader de la formation Astana, Vincenzo Nibali a marqué les esprits en remportant la 2e étape du Tour de France 2014, et en s'emparant du maillot jaune. A 29 ans, c'est la première fois qu'il se pare de ces honneurs, lui qui était déjà monté sur la troisième matche du podium sur les Champs-Elysées en 2012. Le "requin", son surnom, pourrait troubler le jeu des deux grands favoris, Chris Froome et Alberto Contador. "Cette victoire est un bon signal", s'est-il réjoui après son succès.

Il a montré son maillot de champion d'Italie avant de passer la ligne d'arrivée. En une image, cette victoire à Sheffield rassemble les trois nouveautés majeures de sa saison. Un titre de champion d'Italie, une victoire d'étape sur la Grande Boucle, un maillot jaune sur ses épaules, jamais Vincenzo Nibali n'avait connu ces distinctions. Il faut dire que le Tour de France n'a pas toujours fait partie de ses priorités. En bon Italien, il s'était montré plus à son avantage sur les routes du Giro, finissant 11e en 2008, 3e en 2010, 2e en 2011 et en s'imposant enfin en 2013. La Vuelta a été aussi à son actif avec un succès final en 2010 et une 2e place en 2013. Troisième en 2012 sur les Champs-Elysées, le Sicilien aurait-il pris goût aux routes françaises ?

Il a en tout cas adoré les routes anglaises. "Je voulais gagner absolument cette étape", glissait-il après sa victoire à Sheffield. Cette volonté s'explique peut-être dans son début de saison catastrophique 44e de Milan-San Remo, 52e de l'Amstel, 30e de Liège-Bastogne-Liège, 14e de la Flèche Wallonne), qui lui a valu une lettre de remontrance du patron de son équipe, Alexandre Vinokourov. L'ancien champion kazakh lui a même sommé de justifier son salaire avec de meilleurs résultats. L'alerte a été visiblement entendue. 5e du Tour de Romandie, 7e du Critérium du Dauphiné, et voici huit jours, il est monté sur la plus haute marche du podium des championnats d'Italie sur route. Aujourd'hui, il est devenu le premier Italien depuis 2009 (Rinaldo Nocentini) à endosser le maillot jaune, ce qui peut le placer sur une autre voie: succéder à Marco Pantani, dernier Transalpin sacré en 1998 qui offrait à l'Italie un premier succès depuis Gimondi en 1965. "Mais le Tour est très long", pondère-t-il.

Le leader de la formation Astana ne fait pas mystère de ses ambitions: "L'objectif est de ramener le maillot jaune à la maison". En remportant cette étape sur un terrain qui n'était pas vraiment son préféré, en se sortant d'un groupe où Froome, Contador s'étaient montrés offensifs dans les derniers kilomètres, Vincenzo Nibali a peut-être lancé un avertissement: il faudra compter sur lui. Cette année, le Tour est clairement son objectif. Il l'a prouvé lors de cette 2e étape. Et le Britannique comme l'Espagnol savent qu'ils n'ont pas affaire à un novice. "Je sais gérer les situations. Le maillot jaune ne va pas me faire tourner la tête", rappelle-t-il. Expérience, équipe solide, il a des atouts. Et il peut comparer, avec sa forme de l'an dernier, année où il a gagné le Giro: "Je peux dire que je l'ai  préparé de la même façon, j'ai travaillé beaucoup et longtemps en prévision de  ce Tour. Ma condition est au même niveau que pour le Giro. Mais nous sommes en  2014, pas en 2013, et c'est une autre course."

Vidéo: la victoire de Nibali