Michael Matthews chute
Michael Matthews, maillot déchiré, au terme de la troisième étape. | JEFF PACHOUD / AFP

Michael Matthews, lanterne rouge du Tour

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A chacun son Tour. Quand Chris Froome se balade en tête de course, Michael Matthews (Orica GreenEdge), lui, traîne sa grande carcasse et ses deux côtes fracturées dans le gruppetto. Le sprinteur australien, qui est l'un des meilleurs du monde, est dernier du classement général, pointant à 2h04' de Chris Froome.

« The Bling », comme il est surnommé dans le peloton, ne brille pas pour ses résultats sur ce Tour. Et pour cause, l'Australien de 24 ans, au look de surfeur, a chuté lors de la troisième étape.  « Je suis le seul coureur parmi ceux qui ont chuté à avoir continué la course », confie-t-il devant son bus, casquette sur le crâne, sans dossards ni maillot sur le dos. Avec deux côtes fracturées, le sprinteur a malgré tout eu l'autorisation de poursuivre la course. Michael Matthews est l'une des révélations du sprint international cette année, avec des victoires sur Paris-Nice et sur le Tour d'Italie. Le coureur d'Orica GreenEdge nourrissait des ambitions légitimes pour le maillot vert, mais cette chute a  tout  bouleversé.  Une semaine plus tard, le jeune homme va mieux : « Hier en montagne, je me sentais bien. Je sens que je vais de mieux en mieux, je me remets peu à peu de ma chute. C'est vrai que je ne m'attendais pas à rester en course après ça ».

Michael Matthews, ce matin au départ.
Michael Matthews, ce matin au départ.

Pour certains coureurs, être la lanterne du Tour est un honneur, un statut particulier qui peut être un objectif pour quelques-uns. L'ancien professionnel Wim Vansevenant détient le record de dernières places sur le Tour, avec trois lanternes rouges en autant d'années (de 2006 à 2008). Mais pour Michael Matthews, cette dernière place n'a rien d'une bonne nouvelle. « Je suis embêté d'être le dernier, mais ça ne va pas durer. Je vais essayer d'en doubler quelques-uns avant la fin de la semaine, puisque les jambes et la condition sont là ». Il assure « ne pas vouloir finir dernier du Tour », mais relativise sur cette place. « Après, comme je l'ai déjà dit, je suis le seul coureur qui a été pris dans la chute et qui a continué la course. C'est déjà un bon point que d'être là, tant pis pour la place », reconnaît ce triple vainqueur d'étape sur le Tour d'Espagne.

Le coureur australien a pour objectif d'arriver jusque Paris pour son premier Tour de France. Il espère pouvoir le réaliser : « J'ai peur, j'ai peur tous les jours de ne pas y arriver. Le jour de repos m'a quand même bien aidé, mon équipe m'a également soutenu… Mon but c'est vraiment de finir ce Tour, c'est mon rêve. Et puis il y a quelques étapes qui peuvent encore me convenir ». Lanterne rouge, ou pas.