Rafal Majka
Rafal Majka s'impose lors de la 14e étape du Tour de France | AFP

Majka surprend, Nibali enfonce le clou

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Le Polonais Rafal Majka a remporté en solitaire la 14e étape du Tour de France, dernier passage dans les Alpes. Il s'agit de la première victoire d'un Polonais depuis Zenon Jaskula (lors de la 16e étape de l'édition 1993). Vincenzo Nibali a quant à lui conforté son avance en prenant la deuxième place devant Péraud, Pinot et Bardet. L'Italien conserve plus que jamais le maillot jaune de leader.

Dès le départ de cette dernière journée dans les Alpes, tous craignaient le sommet du Tour 2014, à savoir le col d'Izoard. Dès les premiers mètres, une première attaque signée Chavanel donnait le ton. Quelques kilomètres plus loin Rafael Valls qui souffrait trop d'un genou, jetait l'éponge. Une bonne trentaine de coureurs dont Nibali et Valverde s'éloignait du peloton. Les premières ascensions provoquaient de nombreuses cassures, dont étaient victimes Romain Bardet et Thibaut Pinot.

Alors que Nibali et Valverde étaient rejoints par le peloton, un groupe de 17 coureurs –parmi lesquels Riblon, Moinard et Gautier- prenait la poudre d'escampette. Eole s'invitait à la fête, et les héros du jour devaient faire face à des rafales de 50 km/h, redoubler d'efforts pour compter jusqu'à trois minutes d'avance. Au sprint intermédiaire, Sagan empochait les 20 points, puis l'écart des échappés passait à un peu plus de quatre minutes avant le col du Lautaret long de 34 kilomètres (à 3,9% de moyenne). Le rythme était plutôt tranquille, les coéquipiers de König imprimant le rythme du peloton. 

Rodriguez premier e​n haut de l'Izoard

Le géant Col d'Izoard avait rapidement raison de Sagan et Timmer, peu en verve sur des pentes avoisinant parfois les 8%... Le peloton pointait à ce moment à moins de trois minutes, même si Roche forçait la marche. Sur le sommet de ce Tour 2014, classé hors catégorie, Gautier, puis Riblon lâchaient prise. Les défaillances s'enchaînaient à l'avant, à l'instar d'un Taaramäe pratiquement à l'arrêt dans un virage. A moins de 4 kilomètres de l'arrivée, ils n'étaient plus que dix à tenir la cadence, Moinard étant le seul rescapé tricolore. En haut du col, seuls quatre hommes franchissaient l'Izoard, et Rodriguez prenait les 25 points de la montagne, devant Majka et Nieve.

 Dans leur rétroviseur, au loin, les formations AG2R puis Astana prenaient leurs responsabilités pour recoller aux leaders. La descente du col se faisait à vive allure, avec des pointes flirtant avec les 100 km/h. Onze coureurs dont Nibali, Bardet et un Péraud en grande forme partaient à la chasse des hommes de tête (à moins de deux minutes). Pinot, lui, avait toujours autant de mal dans l'exercice, et les Bardet, Riblon et Péraud en profitaient pour attaquer, têtes baissées. Le coureur de la FDJ.fr limitait la casse, revenant grâce à des pentes moins ardues. A 23 kilomètres de l'arrivée, un groupe emmené par Van Garderen revenait sur les poursuivants, pendant que les leaders sentaient le vent tourner, ne comptant plus qu'1'30 d'avance à 20 kilomètres de Risoul.

Nibali encore et toujours 

L'ascension vers Risoul s'amorçait et De Marchi, vainqueur de cette étape l'an passé dans le Dauphiné, plaçait une première attaque. Rejoint par Serpa, l'Italien de Cannondale relançait encore. A dix kilomètres de l'épilogue, le groupe maillot jaune n'était plus qu'à cinquante secondes. Peu après, c'était au tour de Majka de tenter sa chance. Rodriguez accélérait également.  A 3,5 km de l'arrivée, Nibali s'impatientait et s'envolait aux côtés de Péraud pour aller chercher Majka. La bagarre pour le podium faisait rage, Pinot, Bardet et van Garderen restant au coude à coude, alors que Valverde baissait de rythme. Majka résistait finalement au retour de Nibali pour signer une première victoire polonaise depuis depuis Zenon Jaskula (en 1993, lors de la 16e étape). Profitant de la contre-performance de Valverde, Bardet effectuait la belle opération pour pointer à seulement 13 secondes de l'Espagnol, deuxième au général. Même constat finalement pour Pinot (à 29 secondes de Valverde) et Péraud (moins de deux minutes), qui restaient donc à la lutte pour le podium. Victime d'une chute la veille, Van den Broek était le grand perdant de ce samedi. Le belge a franchi la ligne avec près de cinq minutes de retard, passant de la huitième à la 12e place au général.

Romain Bonte