Lilian Calmejane, un novice de la Grande Boucle amené à briller

Lilian Calmejane, un novice de la Grande Boucle amené à briller

Publié le , modifié le

Auteur d'un très bon début de saison, Lilian Calmejane se savait attendu pour ses débuts sur la Grande Boucle. L'Albigeois de la Direct Energie n'a pas déçu, en ne ratant pas la première occasion qu'il avait de s'illustrer sur les routes de la Grande Boucle. Le coureur français a réalisé un beau numéro en tête de course, et empoche le prix de la combativité.

Ce matin à Verviers, l'ambiance était plutôt calme du côté de Direct Energie. Un coin qui d'habitude est rythmé par les blagues qui fusent entre le staff et les coureurs, et la communion de ces derniers avec le public. Lunettes vissées sur le nez, Lilian Calmejane rentre du podium de signature dans un anonymat quasi-total. Pourtant, il est le Français qui monte. Vainqueur à six reprises cette saison (dont trois victoires d'étape), celui qui vit sa deuxième saison chez les professionnels s'était révélé au grand public l'an passé, en remportant une étape de la Vuelta. Mais ici, à Verviers, les yeux des spectateurs sont rivés sur les Froome, Contador et compagnie. Petit sourire à l'attention du mécano qui récupère son vélo, puis direction le bus, cet havre de paix bien loin des regards. Lilian Calmejane se doutait-il alors qu'il serait seul en tête, sur les routes de cette 3e étape du Tour de France ?

Un numéro en solitaire pour une découverte du Tour

Car pour ses débuts sur le Tour, l'Albigeois formé au Vendée U ne compte pas rester sagement dans le peloton. Sa philosophie, c'est plutôt l'attaque. C'est à 50 kilomètres de l'arrivée que « Calmej' », comme il est surnommé, pointe le bout de son nez à l'avant de la course. Avec Thomas De Gendt (Lotto-Soudal) et Pierre-Luc Périchon (Fortuneo Oscaro), ils se jouent d'un peloton qui ne rôde malgré tout pas bien loin. Dans ce groupe de tête, le jeune coureur de Direct Energie se montre très à l'aise, et fait craquer un à un ses compagnons d'échappée. Seul, il se lance dans un baroud d'honneur, face aux cadors du peloton lancés à sa poursuite. Ce n'est qu'à dix kilomètres de l'arrivée que Lilian Calmejane voit ses espoirs de victoire ruinés. Mais l'important est ailleurs.

"Un groupe très solidaire"

"Il y aura d'autres occasions de s'illustrer, assure-t-il une fois la ligne franchie, je ne fais pas partie des grosses têtes d'affiche. Mais je pointe petit à petit le bout de mon nez". Sur le podium protocolaire, où il récupère le prix de la combativité, l'assurance dégagée quelques minutes auparavant fait place à une quasi-timidité. L'Albigeois est connu pour son grand talent, mais aussi son caractère, qui a pu lui coller une réputation pas forcément méritée. L'an passé, lors de sa victoire sur la Vuelta, Lilian Calmejane avait franchi la ligne en faisant un coeur avec ses mains, en hommage à son ancien coéquipier et ami Romain Guyot, décédé en mars après avoir été renversé par une voiture. Ici à l'arrivée, le jeune homme avait un mot pour ses compagnons de Tour de France : "On est un groupe très solidaire, il y a une très bonne ambiance. Il y a une réelle alchimie, qui nous pousse à attaquer et être devant tous les jours."

Pour son premier Tour, "Calmej" est accompagné par une équipe aux capitaines de route aux nombreuses expériences sur les routes du Tour. A commencer par celui dont on dit qu'il prendra la succession, Thomas Voeckler. "C'est son dernier Tour, et son expérience est énorme...", constate-t-il, conscient que ces trois semaines avec son aîné et leader, ne peuvent que l'amener à progresser. Et viser cette fois mieux qu'un prix de la combativité

Mathilde L'Azou @MathildeLAzou