Les pavés au menu

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Le Tour 2014 n’attendra peut-être pas les premiers lacets de montage pour que la situation se décante, puisque les coureurs ont rendez-vous avec les pavés dès la 5e étape entre Ypres et Arenberg. Ce sont autant d’obstacles qu’il faudra franchir sans dommages. Les favoris notamment devront se méfier d’une cassure ou d’une chute pénalisante pour la suite.

Les coureurs emprunteront en effet quelques uns des mythiques secteurs pavés de Paris-Roubaix, avec 15 km répartis en 9 secteurs, mais pas la très célèbre trouée d’Arenberg (ils s'arrêteront juste avant). A cette occasion, la course réservera sans doute des surprises, et les habituels équilibristes, ceux qui ont l’habitude de se mettre en évidence lors de la classique du printemps auront une carte à jouer dès le début.

Les pavés demandent un entraînement adapté, des reconnaissances minutieuses et une certaine technique sur le vélo, même si les circonstances font qu’on n’est jamais tout à fait maître de ce qui peut se passer.  Il faut d’abord encaisser les chocs, car les pavés laissent des traces dans l’organisme, ce qui est d’autant plus difficile quand encore quinze jours de course. Mais ils demandent aussi, pour les équipes, une vraie capacité à mener une course tactique bien maîtriser pour protéger les leaders.   

Il y a deux écoles dans le peloton concernant cette spécificité que représentent les pavés. D’abord il y a ceux que cela n’emballe pas, à l’image de Chris Froome. Il craint les contrecoups physiologiques de ces routes difficiles, et la prise de risques que cela induit, avec les chutes possibles, les crevaisons ou les problèmes mécaniques. «  Au mauvais moment, quand les choses s’accélèrent , cela peut vous faire perdre le Tour….Personne ne devrait perdre un tour à cause d’un problème mécanique » estime-t-il.

Pour d’autres, même si les pavés ont quelque chose de déstabilisant, justement, c’est aussi un paramètre intéressant pour la course. Cela fait partie de la spécificité des routes empruntées par le Tour et donc partie intégrante du parcours. C’est une façon de donner très vite de l’intérêt à l’épreuve, de permettre des cassures et de ne pas laisser la possibilité de faire des écarts aux seuls spécialistes du contre la montre ou aux grimpeurs. Pour beaucoup, les pavés, c’est aussi un moyen de durcir la course et, ça aussi, c’est le vélo.

Christian Grégoire