ascension du Tourmalet
L'ascension du Tourmalet, le 15 juillet | AFP

Les coureurs préfèreraient les Alpes aux Pyrénées

Publié le , modifié le

Les Pyrénées se trouvent désormais derrière le peloton de ce Tour de France 2015. Alors que les Alpes se profilent à l’horizon, francetvsport a voulu savoir si les coureurs avaient une préférence pour l’un des deux massifs. Selon un petit sondage effectué avant l’étape du jour, la tendance est plutôt pour les Alpes…

Que les offices du tourisme ne s’y méprennent pas, on ne parle que de vélo et de sport de haut niveau. Chaque massif, qu’il soit pyrénéen ou alpin, a son charme, et possède une culture tout aussi intéressante l’une que l’autre. Là n’est pas la question ! Mais si l’on se place du point de vue d’un coureur du Tour de France, l’aspect esthétique ou culturel de ces deux régions de France passe évidemment après la compétition. En effectuant un petit sondage rapide, il semblerait que le massif alpin ait un peu plus la cote.

D’un côté (celui des Pyrénées) le Tourmalet, le Plateau de Beille, Luz-Ardiden, le col du Soudet, … De l’autre, le Mont Ventoux, l’Alpe d’Huez, le Lautaret, l’Izoard, … Autant de noms qui ont fait la légende du Tour de France. Au premier abord, les coureurs n’ont pas forcément de préférence. Tant que ça monte, les grimpeurs prennent plaisir, alors que les autres n’ont qu’une envie, celle d’en finir !  Plus puncheur que grimpeur lorsqu’il courait, Didier Rous explique qu’il n’avait « pas de préférence ». Ses origines du Sud-Ouest n’avaient finalement que peu d’importance au pied d’un col. « Quand j’étais coureur, je n’avais pas de préférence, cela dépendait des jambes que j’avais, d’avoir les bonnes sensations », résume celui qui est désormais Directeur sportif de Cofidis. 

Vers l'Alpe d'Huez
Vers l'Alpe d'Huez

« Je préfère le Mûr-de-Bretagne ! »

Le constat est identique pour Armindo Fonseca. « Je n’ai pas forcément de préférence, car je n’aime pas les cols, dit-il avec le sourire. Je préfère le Mûr-de-Bretagne ! » lance le Breton avant d’admettre que la dernière semaine de ce Tour dans les Alpes lui « fait vraiment peur ». Baroudeur également, Arnaud Gérard ne s’était même pas posé la question. « Euh bonne question ! », dit d’abord le coureur de Bretagne-Séché. Après avoir réfléchi quelques secondes, il donne finalement son verdict. « Il faut se dire que les deux massifs sont assez durs, mais personnellement, je n’ai pas de préférence. Je trouve les Pyrénées un peu moins difficiles quand même, les Alpes sont souvent plus pentues. »

Sylvain Chavanel qui possède une maison dans les Pyrénées penche plus en faveur de la chaîne montagneuse du Sud-Ouest, mais paradoxalement, ses sensations sont différentes d’un massif à un autre. « Je préfère les Pyrénées, mais apparemment, je passe mieux les Alpes. Il y a aussi les panneaux qui t’indiquent tous les kilomètres quels sont les pourcentages, c’est ce qui fait mal dans la tête ! », en rigole le natif de Châtellerault.

Des routes pyrénéennes plus étroites

Pour Jérôme Coppel, il n’y a pas de doute. « Je préfère les Alpes, je suis de là-bas », affirme-t-il. « Dans les Pyrénées, j’ai toujours eu du mal, que ce soit en amateurs, ou chez les pros. Je ne sais pas pourquoi. Il y a toujours un massif que l’on digère mieux. Pour moi, ce sont les Alpes. C’est peut-être psychologique… », s’interroge le Haut-Savoyard. 

Le Tour dans les Pyrénées
Le Tour dans les Pyrénées

Il existe peut-être aussi des raisons plus rationnelles. « Dans les Pyrénées, la difficulté principale est que les routes sont beaucoup plus étroites et sinueuses, et ça vaut pour les cols comme pour les descentes », précise Didier Rous. Coppel ajoute que « le rendement est meilleur dans les Alpes. Le goudron y est souvent moins granuleux. C’est peut-être aussi les pourcentages, ça va toujours mieux », déclare le Champion de France du contre-la-montre.

Riblon et la culture d​es Alpes

Vainqueur sur le Tour aussi bien dans les Pyrénées (à Ax-3 domaines en 2010) que dans les Alpes (à l’Alpe d’Huez en 2013), Christophe Riblon a un petit faible pour les cols du Sud-est. « Peut-être que je préfère les Alpes, mais ma préférence, c’est là où je serai le mieux, et où on va gagner ! » analyse le Francilien. « Je connais mieux les Alpes, ce sont des cols qui me correspondent un peu plus. Je me sens mieux là-bas que dans les Pyrénées. La connaissance du terrain et l’appartenance géographique de l’équipe jouent aussi. On a une certaine culture des Alpes chez AG2R, et je l’ai un peu moins dans les Pyrénées », indique le coureur de 34 ans.

Après les trois étapes pyrénéennes qui ont été particulièrement relevées, laissant de nombreux coureurs sur le côté de la route, les Alpes se dressent devant le peloton. Certains attendent avec impatience cette troisième semaine qui se disputera notamment sur les cols de Pra Loup et de l’Alpe d’Huez, d’autres comme Sylvain Chavanel, craignent ces ascensions, quelles qu’elles soient. « Pour moi, c’est de la haute montagne, et ça reste toujours dur. Je sais que je vais souffrir ! », conclu-t-il.

Romain Bonte