Finhaut-Emosson
Le barrage de Finhaut-Emosson servira de décor pour une arrivée au sommet lors du Tour de France 2016 | MAXPPP - ALESSANDRO DELLA BELLA

Le Tour de France 2016 s'arrêtera à Finhaut-Emosson en Suisse

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Le parcours du Tour de France sera dévoilé ce mardi en fin de matinée (11h30), mais le voile se lève peu à peu sur cette édition 2016. Si on connaissait déjà le lieu du Grand Départ (le Mont-Saint-Michel), la journée de repos en Andorre et l'arrivée traditionnelle sur les Champs-Elysées, Christian Prudhomme, le directeur du Tour, a révélé que le barrage de Finhaut-Emosson en Suisse servira de décor pour une arrivée en altitude inédite durant le mois de juillet. Le Tour se déroulera du 2 au 24 juillet prochain.

Trois jours dans la Manche, trois jours en Andorre, les Pyrénées, les Alpes (on ne sait pas encore dans quel ordre) et les Champs-Elysées pour terminer, la carte du Tour de France 2016 s'est dévoilée petit à petit. Elle sera connue totalement et officiellement ce mardi vers midi, après la présentation à Paris par Christian Prudhomme. Mais en bon communiquant, le directeur du Tour de France a levé un peu de suspense en annonçant une arrivée au sommet inédite encore sur le Tour, au barrage du Lac d'Emosson (1960 mètres) en Suisse. Friand de nouveaux terrains de jeu pour les coureurs - comme les lacets de Montvernier qui avaient souri à Romain Bardet l'an dernier - Christian Prudhomme a sorti un barrage de sa manche. Rien que ça. Le 20 juillet, pour leur entrée dans les Alpes; les coureurs grimperont jusqu'à près de 2000 mètres d'altitude et repartiront dans leurs bus d'équipes par... une galerie gigantesque de 7 kilomètres creusée sous le lac.

"Un univers à la James Bond", selon l'expression du directeur du Tour Christian Prudhomme, épaté par la dimension du chantier en cours, allant jusqu'à une hauteur sous terre de 65 mètres et 18 kilomètres de galeries. A l'air libre, le site d'Emosson, deux lacs d'altitude équipés chacun d'un barrage, impressionne tout autant. "Lorque nous l'avons découvert en 2006 avec le Tour de l'Avenir, nous avons été émerveillés par sa beauté. Mais c'était un cul-de-sac, un handicap quasi-rédhibitoire pour une arrivée d'étape dans les Alpes", explique le directeur du Tour.

Premier test grandeur nature sur le Dauphiné 2014

Pour résoudre ces problèmes logistiques, la Suisse s'est donné les moyens. "Elle a décidé de construire sous les deux lacs une centrale de pompage-turbinage qui va produire quasiment autant d'électricité qu'une centrale nucléaire à partir de 2018. Pour accéder en permanence au chantier, il a fallu des chemins d'accès dans les entrailles de la terre. A un moment, on se retrouve à 180 mètres sous le fond du lac que les coureurs et les téléspectateurs verront", ajoute Christian Prudhomme. "On n'a pas commandé une étape à 2 milliards de francs suisses, s'amuse le directeur du Tour, mais les travaux sont en cours et nous permettent d'avoir une évacuation facile. Le cadre est tellement enchanteur, la montée tellement probante sportivement, que l'on n'a pas hésité à franchir le pas". 

L'ascension a été testée lors du Dauphiné 2014 (victoire de Lieuwe Westra). Alberto Contador avait grignoté 20 secondes à Chris Froome et le futur vainqueur du Tour, Vincenzo Nibali, avait lâché une vingtaine de secondes supplémentaires sur ces pentes raides. "La pente moyenne dépasse les 8 pour cent mais c'est trompeur. La première partie est modérée, les quatre-cinq derniers kilomètres tournent autour de 9, 10, voire 11 pour cent", relève le directeur de course Thierry Gouvenou. Le barrage d'Emosson, où le regard porte sur la chaîne du Mont Blanc - avec la bien-nommée Aiguille du Tour au premier plan !-, marque donc l'entrée dans les Alpes de l'édition 2016. En même temps qu'un symbole profond puisque, souligne Christian Prudhomme, "nous allons célébrer en 2016 les 500 ans du traité d'amitié perpétuelle entre la France et la Suisse".