Peloton Tour montagne
Le peloton du Tour a renoué avec la montagne. | GAIZKA IROZ / AFP

Le retour du gruppetto

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On dit souvent du Tour de France qu'il y a une course dans la course. Quand certains jouent la victoire d'étape, d'autres lorgnent plutôt sur le maillot jaune de leader. Et puis il y a ceux qui se battent pour rester dans les délais. Les sprinteurs, baroudeurs et hommes en méforme forment généralement le gruppetto. Leur but : rallier l'arrivée dans les temps.

Les étapes de montagne sont terribles pour les sprinteurs et ceux qui ne sont pas à l'aise avec les pentes difficiles des cols. L'objectif est alors de franchir la ligne sans être hors-délais. C'est à dire que chaque jour, un horaire limite d'arrivée est établi en fonction du temps de course du vainqueur du jour. Pour une meilleure organisation, les coureurs en difficulté se retrouvent généralement au sein d'un même groupe, comme l'explique Geoffrey Soupe (Cofidis) : « C'est pas compliqué, dès qu'on est dans le rouge dans un col, on se relève et on attend le gruppetto ». Commence alors une véritable course contre-la-montre. C'est ce que s'apprête à connaître Bryan Coquard (Europcar) : « il faut gérer ses efforts par rapport aux premiers. On est moins forts que les leaders mais on essaie de s'accrocher, à notre rythme ».

Comme pour ceux qui jouent la lutte dans le classement général, il existe des leaders au sein du gruppetto, qui gèrent le rythme de ce peloton d'attardés. « L'an passé c'était l'équipe de Marcel Kittel qui s'occupait de calculer les écarts. Cette année ce sera sûrement Renshaw et Cavendish qui vont gérer ça », pense Bryan Coquard. Mais attention, ce n'est pas pour autant que le rythme de ce peloton n'est pas plus fort que d'habitude, comme le confirme le sprinteur de la formation Europcar : « Ce n'est pas du tout facile, au contraire, ce n'est pas un rythme tranquille ». 

88 coureurs repêchés en 2011​

Quand un coureur se retrouve dans le gruppetto, il a quand même peu de chances de se retrouver hors-délais. « Nos directeurs sportifs nous tiennent au courant des écarts, pour qu'on ait une idée d'où on se trouve, et des écarts à ne pas dépasser », confirme Geoffrey Soupe. En 2011, 88 coureurs avaient ainsi été repêchés par les commissaires de la course, puisqu'ils étaient arrivés deux minutes trop tard. Mark Cavendish, alors maillot vert, avait annoncé qu'ils avaient eu « de mauvaises informations à la radio ». Pour la plupart des coursiers présents dans ce peloton, l'objectif est avant tout de relier Paris et les Champs-Elysées. Et cela passe par quelques journées dans ce fameux gruppetto.