Mur de Huy 2015
Le Mur de Huy, lors de la dernière Flèche Wallonne | AFP

Le Mur de Huy se dresse devant eux

Publié le , modifié le

Final habituel de la Flèche Wallonne, c’est cette fois sur le Tour de France, que le Mur de Huy va déterminer le vainqueur du jour. S’il est relativement court (1,3 km), son dénivelé à 9,6% a de quoi faire trembler. Après les bordures de la veille, les coureurs se préparent à une nouvelle rude journée sur l’un des pitons les plus difficiles d’Europe.

Pour Benoît Vaugrenard (FDJ), ce Mur de Huy est une vieille connaissance. « C’est un final que je connais avec la Flèche Wallonne. Je pense que ça va être contrôlé par les grosses équipes », explique le coureur de la FDJ. « Ce sera une histoire de placement. On arrive sur une grande route, ça monte, à 1,5 km ça fait goulot, et si on n’est pas bien placé, tu peux être piégé », détaille le Breton de 33 ans. « Après, on ne peut pas perdre beaucoup non plus, c’est une histoire de 10 ou 20 secondes », relativise-t-il.

Richard Virenque est du même avis, les leaders risquent peu. « Ce n’est finalement qu’un sprint en bosse », décrit celui qui compte sept victoires sur la Grande Boucle. « Le Mur de Huy est plus compliqué sur le Tour de France que sur les Classiques ardennaises, où il n’y a peut-être que 20 coureurs qui peuvent s’imposer, dit Virenque. Sur le Tour, il y a tous ces coureurs là qui visent le général, plus tous les autres coureurs qui veulent s’illustrer, il y a toutes ces équipes, cela fait beaucoup de monde. »

"Un effort à tomber par terre"

Angelo Tulik s’attend à « une approche compliquée et une arrivée nerveuse. C’est dur, et je pense que ça va se régler avec les puncheurs et les mecs du général en haut du Mur. » Pour sa part, le coureur Europcar ne se sent « pas trop impressionné », car son rôle sera en amont. Je n’ai pas à aller gagner en haut ! », lâche-t-il un peu soulagé. Pour Benoît Vaugrenard, ça va monter très vite, et peut-être qu’il ne va même pas y avoir d’attaques. Ce sont vraiment les 300 derniers mètres qui sont durs, souligne-t-il. C’est un effort au niveau de l'acide lactique à tomber par terre. Si il y a la chaleur en plus, ça risque d’être très compliqué », prévient encore le coureur de la FDJ.

Selon Vincent Lavenu, « lorsque l’on aborde une difficulté comme le Mur de Huy, ce sont les qualités intrinsèques du coureur qui font la différence. Les vététistes, qui ont pour habitude de monter le cœur très haut et de tenir longtemps, peuvent en profiter. Il faut vraiment être un gros puncheur », assure le manageur d’AG2R-La Mondiale. « C’est une bataille incessante, un rapport de forces, analyse-t-il. Il est important d’être solide quand on est un leader, d’avoir une équipe en protection pour se dire ‘allez, on se bat’, le collectif est très important. » Ce Mur de Huy pourrait donc bien convenir à des coureurs tels que Simon Gerrans, Alejandro Valverde, ou encore Joaquim Rodriguez. Et il ne faudra pas oublier Alberto Contador et Chris Froome.

Romain Bonte