Bernard Thévenet - TDF 1975
Bernard Thevenet, victorieux à Pra-Loup en 1975 | AFP

La Rétro-Pédale : 1975, Thévenet fait chuter Merckx le Cannibale à Pra-Loup

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Il y a quarante ans, Eddy Merckx allait échouer dans sa quête d’un sixième Tour de France face au jeune Bernard Thevenet. C’est dans l’ascension du Pra-Loup que l’histoire s’est jouée, le Cannibale connaissant une défaillance rarissime. Un épisode romanesque qui fait aujourd’hui partie de la légende du Tour à l’heure où les coureurs disputent la 17e étape ce mercredi.

Vainqueur : Bernard Thévenet
Profil de l’étape : 14e étape entre Nice et Pra Loup, 218 km.
Contexte : 13 juillet 1975. Eddy Merckx en route pour un sixième succès sur les routes du Tour. Face à la jeune garde, menée par Bernard Thévenet. Un mano à mano mémorable.

La course : 

Un coup de poing d’abord. Un bras de fer ensuite. Deux jours après avoir été frappé par un spectateur dans la terrible ascension du Puy de Dôme, Eddy Merckx va offrir une résistance farouche à son jeune rival Bernard Thévenet. Avant de craquer en fin d’étape. Sa dernière journée passée avec le maillot jaune sur les épaules. La chute d’un mythe au cœur de l’été 75.

Si l’étape d’aujourd’hui fait 161 kilomètres, celle qui s’est jouée il y a 40 ans faisait alors 218 km et s'était élancée de Nice. Merckx (Molteni) était donc leader du classement général en ce 13 juillet 1975, une minute devant Thévenet (Peugeot). Annoncé comme l’un des outsiders de l’épreuve, Luis Ocaña avait quant à lui abandonné à l’étape précédente. Plus fort que son rival français dans les contre-la-montre, Merckx a laissé filer quelques minutes lors des premières épreuves de montagne. La passation de pouvoir n’a jamais été aussi proche.

Dans l’ascension du col des Champs, Thévenet tente déjà sa chance. Mais ses attaques sont vaines et voient revenir Merckx dans sa roue. Merckx donne parfaitement la réplique, bien aidé par son coéquipier Jos de Shoenmaker.

Thévenet se fait ensuite distancer dans la descente très technique du col d’Allos négociée de main de maître par Merckx. Tout laisse à penser que « L’Ogre de Tervueren » - surnom tout aussi démesuré que le coureur – s’envole vers un sixième titre.

Mais à quatre kilomètres de l’arrivée, tout s’écroule. Le Belge semble collé sur la route et se fait reprendre par un Thévenet déchaîné et Felice Gimondi. Merckx concède deux minutes sur la ligne d’arrivée au vainqueur du jour. Ses dernières chances d’un nouveau sacre viennent de passer.

Pourquoi c’est mémorable : La chute d’un géant. Vainqueur de cinq des six dernières éditions, Eddy Merckx était le grand favori à sa propre succession. Géant, il le fut une fois de plus dans la défaite, en se rendant les armes à la main. On ne saura jamais à quel « poing » le coup reçu au ventre l’a handicapé.