Luca Paolini portrait 2015
Luca Paolini | AFP

L’énigme Luca Paolini

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Au lendemain de l’annonce du contrôle positif de Luca Paolini à la cocaïne, il est difficile de comprendre ce qui aurait pu pousser l’expérimenté coureur italien à prendre un tel risque. Même s’il faut attendre la confirmation de l’échantillon B, le coureur de la Katusha a d’ores et déjà été suspendu à titre provisoire par son équipe, et mis hors course par les organisateurs de ce Tour de France.

S’il s’est d’ores et déjà excusé auprès d’ASO, du Tour de France et de ses coéquipiers, Luca Paolini semble assumer la situation, mais sans avouer la prise de cocaïne… « J’ai dû encaisser le coup. (…) je vais faire de mon mieux pour comprendre comment cela a été possible. (…) J’espère, en étroite collaboration avec l’UCI, éclaircir le plus possible cet incident », a-t-il déclaré dans la nuit.

Médecin de l’équipe Française des Jeux, Gérard Guillaume estime non sans un certain humour que ce coureur a « déraillé ». « On peut se poser parfois la question de savoir s’ils ont un cerveau, ou du bout de veau à la place ! Quand on prend ce genre de drogue, c’est détectable aussi bien à court terme et à long terme dans les cheveux. C’est injustifiable », indique le médecin. La cocaïne est en effet un puissant stimulant, qui agit sur le système nerveux. Il s’agit par ailleurs d’un vasoconstricteur et est considéré comme un produit stupéfiant. Elle se trouve évidemment sur la liste des produits dopants de l’Agence Mondiale Antidopage, mais selon le règlement, cette interdiction ne concerne que la période en compétition, et non hors compétition.

L'équivalent d'un psychotrope

C’est pour cette raison que Gérard Guillaume s’interroge sur le moment précis où le coureur en aurait fait usage, si tel est le cas. « On peut se demander pourquoi il l’a pris, si c’est un peu avant le départ dans un aspect un peu festif, ou est ce que c’est pour améliorer les performances mentales », note le médecin. Car la cocaïne est l’équivalent d’un psychotrope. Il désinhibe le sujet qu’il le prend, il le rend moins sensible au stress, et le rend plus vigilant. « C’est vrai que ça peut le favoriser mentalement, et cela a donc une incidence indirecte sur sa performance. Mais pour moi, c’est un coureur qui « déraille » ! », lance Gérard Guillaume, plutôt adepte des médecines douces.

« La cocaïne agit au même titre que les amphétamines, c’est par le mental que cela améliore la performance physique. Il ne faut pas oublier que quand on est dans un peloton de 200 coureurs, frotter avec les autres et sentir toute la nervosité, la désinhibition peut avoir des effets « positifs » sur le mental, et donc sur la performance », révèle celui qui a toujours milité en faveur d’un cyclisme propre. Ce matin, il manquait bien le vélo du dossard N.99 devant le bus de la formation russe, et certains pouvaient se dire que la lutte contre le dopage est loin d'être terminée.

Romain Bonte