Chris Froome, Sky
Le coureur britannique de la Sky Chris Froome | DE WAELE TIM / TDWSPORT SARL / DPPI MEDIA

L'affaire Froome prend un mauvais tour

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Révélée par le Journal du Dimanche la semaine dernière, l'affaire Froome prend une mauvaise tournure. Alors que l'Agence mondiale anti-dopage (AMA) affirmait que l'Autorisation à usage thérapeutique (AUT) accordée par l'Union cycliste internationale (UCI) au leader de l'équipe Sky pour la prise de corticoïde suivait bien les règles, elle a revu son jugement.

Dimanche dernier, le JDD lâchait une bombe. Selon l'hebdomadaire français, le vainqueur du dernier Tour de France Christopher Froome aurait bénéficié d'une AUT pour la prise de corticoïdes par voie orale qui n'aurait jamais dû lui être accordé, l'UCI n'ayant pas respecté les règles. Chargée d'accorder ces autorisations sous le contrôle de l'AMA, la commission médicale de l'organe dirigé par le Britannique Brian Cookson aurait fait preuve de légèreté, voire de mansuétude. "Je suis préoccupé par le processus d'obtention de cette AUT, reconnaît David Howman, directeur général de l'AMA, dans les colonnes du JDD. J'ai demandé à l'UCI de remédier rapidement aux insuffisances constatées dans ce dossier." En une semaine, le ton a bien changé. Il y a sept jours, les deux organismes faisaient corps et "il n'y avait pas d'affaire Froome." Désormais, il faut rendre des comptes pour justifier les nombreux dysfonctionnements observés.

L'UCI ne respecte pas les règles de l'AMA

Si l'on suit les bonnes pratiques imposées par l'AMA, "la demande d'AUT est soumise à un comité d'experts composé de trois médecins de nationalité distinctes qui demandent un complément d'information et s'assurent qu'il n'existe pas d'alternatives médicales, avant de la valider", éclaire le Dr Alain Lacoste. Concernant Froome, seule la demande du médecin Sky aurait suffi, d'autant que l'UCI ne possède pas de comité d'experts capable d'analyser les requêtes thérapeutiques... Coordinateur de la commission médicale de l'UCI, le Dr Mario Zorzoli jouit seul de ce pouvoir... Avant le Tour de France, ce manque devrait être comblé. Mais ces révélations lèvent le voile sur un système qui n'a rien tiré des leçons de l'Affaire Armstrong.

Froome, aide médicale ou dopage?

Arrivé à la tête de l'UCI en septembre 2013, Cookson est un ami du boss de l'AMA Craig Reedie, d'où l'indulgence de l'organe suprême de la lutte anti-dopage envers l'organisme helvète basé à Aigle. Les deux Britanniques souhaitaient en finir avec les petits arrangements ayant court sous McQuaid et Verbruggen. Manifestement, ils ne font que les perpétuer. Profitant d'un traitement aux corticoïdes par voie orale pour soigner un coup de froid sur le Tour de Romandie selon la version officielle, Chris Froome aurait-il pu avoir des intentions moins louables? Quoiqu'il en soit, cette nouvelle tombe mal à treize jours du départ de la Grande Boucle. 

Jerome Carrere