Joaquim Rodriguez
Joaquim Rodriguez fait mine de fumer un cigare avant de prendre le départ de la dernière étape du Tour 2013 | JOEL SAGET / AFP

Joaquim Rodriguez, un Tour pour la forme

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Joaquim Rodriguez n’avait pas inscrit la Grande Boucle à son programme 2014, mais un abandon prématuré sur le Giro l’a obligé à revoir ses plans. Troisième l’an passé, le formidable grimpeur espagnol n’aura pas de réelle ambition au classement général. ‘Purito’ veut briller sur la prochaine Vuelta : en juillet, il se contentera donc de dynamiter les grandes étapes de montagnes, déterminé à s’offrir un ou deux succès de prestige.

Il est l’incontestable roi des places d’honneur. Si son palmarès regorge de coups d’éclats, il ne compte en revanche aucun grand Tour et accorde une place immense aux tentatives restées vaines. Rien qu’en 2013, Joaquim Rodriguez a dû se contenter de la deuxième place sur Liège-Bastogne-Liège, au Tour de Catalogne et aux Championnats du Monde, où il s’était fait reprendre dans le dernier kilomètre au terme d’une course dantesque. Sur les Champs-Élysées, l’Espagnol était monté sur la dernière marche du podium du 100e Tour de France. Il était resté au pied de celui de la Vuelta.

Le Giro ne lui sourit pas davantage : quatrième en 2011, deuxième en 2012, il souhaitait cette année profiter la présence des cadors (Froome et Contador notamment) sur la Grande Boucle pour tirer son épingle du jeu. Il a là encore joué de malchance : pris dans une grosse chute collective après la 6e étape, Purito a préféré jeter l’éponge le lendemain matin, pouce et côtes cassées. Abattu ? Pas son genre : au lendemain de son abandon, il évoquait déjà un changement de programme pour finalement s’aligner au départ du Tour.

"Trop dur de regarder la course à la TV"

"Ça aurait trop dur de regarder la course à la télévision", reconnaissait le leader de la formation Katusha il y a deux semaines. Affamé, mais lucide : "J’ai des ambitions, mais pas pour le classement général. La troisième semaine de course me plaît et je veux gagner une ou deux étapes". Une excuse pour préparer plus sereinement la prochaine Vuelta (23 août-14 septembre), où il visera la gagne ? Lui assure que non. En regardant de près le menu alpestre et pyrénéen du prochain Tour, on a envie de lui donner raison, car Purito, dans ce rôle d’animateur de service, possède largement les armes nécessaires pour débrider quelques-unes des plus belles étapes de cette 101e édition.

Certaines interrogations méritent toutefois d’être soulevées. Doit-on douter de sa condition physique ? Oui, car son retour en forme prend de son propre aveu "plus de temps que prévu". Mais Rodriguez promet qu’il sera "au point" pour le Tour : "Le processus de préparation est long et il faudra voir comment mon corps réagit quand je serai au départ, mais mes blessures du Giro sont soignées". A 35 ans, l’Espagnol est-il sur la pente descendante ? Pas encore. Sa victoire autoritaire sur le Tour de Catalogne, fin mars, en témoigne. Le grimpeur catalan avait enfilé la tunique de leader à l’issue de la 3e étape, où il avait distancé Chris Froome, Alberto Contador et Nairo Quintana -excusez du peu- dans l’ultime ascension.

Malgré ce genre de prestation, c’est donc sans lui que se jouera la victoire finale à Paris cette saison. Appelé à participer au petit jeu des pronostics, Rodriguez a suivi la tendance générale en évoquant Froome, Contador et Nibali comme les trois principaux prétendants. Il met d’ailleurs "33 euros sur chacun d’eux". Et attendra le tour d’Espagne, à la maison, pour tenter d’accrocher enfin un premier grand Tour à son tableau de chasse.

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer