Jean-Christophe Péraud
En 2014, Jean-Christophe Péraud a réalisé l'un des meilleurs débuts de saison de sa carrière | SYLVAIN THOMAS / AFP

Jean-Christophe Péraud: "Se rapprocher de la 5e place"

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Neuvième l'an passé avant deux chutes dans l'ultime contre-la-montre qui l'ont contraint à l'abandon, Jean-Christophe Péraud se présente au départ de son quatrième Tour de France avec beaucoup d'ambitions. Au sein d'une formation AG2R-La Mondiale confiante, le coureur de 37 ans compte bien se rapprocher du Top 5.

Le Dauphiné n’a-t-il pas un peu plombé votre préparation ?

Jean-Christophe Péraud: "Non il en fait partie. J’ai fini un premier cycle avec le Tour de Romandie qui s’est mal passé. Avec la coupure, le Dauphiné arrivait très vite donc ça me laissait peu de temps pour m’entraîner et être au niveau. J’espérais être à un meilleur niveau que celui affiché au Dauphiné mais ce qui s’est passé est assez logique. La forme était crescendo avec une belle dernière étape. C'est sur que j'aurai préféré arriver en meilleure forme pour avoir plus de confiance mais je ne m'en fais pas".

Quels sont vos objectifs sur le Tour de France ?

J.C.P.: "Se rapprocher de la 5e place".

Est-ce que l’absence de Carlos Betancur change quelque chose ?

J.C.P.: "Non pas particulièrement. On part avec deux fers de lance, Romain (Bardet) et moi. La pression est quand même relativement partagée. On est plus sereins quand il y a un co-leader. En cas de chute ou autre, il y a quelqu’un pour prendre le relais. On part sur le même pied d’égalité et c’est la course qui va décider".

Comment avez-vous encaissé votre abandon sur le dernier contre-la-montre l’an passé. Êtes-vous animé d’un esprit de revanche ?

J.C.P.: "Non du tout. J’avais encaissé la chose en 15 minutes. Une fois que vous êtes à terre et que la clavicule est fracturée, on ne peut que l’accepter. C’était plus dur de décevoir l’équipe, les équipiers, les sponsors."

C’est presque encourageant de savoir que ce Top 10 vous l’avez déjà fait en fait…

J.C.P.: "Oui ça me met en confiance même si je n’ai pas terminé le Tour l’an dernier. Je vois bien que j’étais capable de faire entre 7 et 9. Je vais entamer ma quatrième participation et potentiellement j’ai déjà fait deux Top 10. C’est un élément qui me met plutôt en confiance".

Après quatre participations, on apprend encore ou on est au point désormais ?

J.C.P.: "Non, je connais maintenant. On apprend aussi sur les autres courses, ça fait 5 ans que je suis professionnel, je commence à avoir un bon bagage".

Froome, Contador et les autres que vous affrontez toute l’année, est-ce que ce sont toujours des leaders intouchables pour vous ?

J.C.P.: "A titre personnel, il faut être objectif, je ne suis pas à leur niveau. Ils sont un cran au-dessus. J’essaye simplement de me battre avec mes armes contre mes adversaires directs. Je n’ai pas la prétention de faire un podium sur le Tour".

Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir ce qu’aurait été votre carrière si vous étiez venu plus tôt à la route ?

J.C.P.: "Non la question ne se pose pas. Je suis au maximum de ce que je suis capable de faire, j’ai optimisé toutes les pistes qui s’offraient à moi donc je ne me vois pas monter plus haut".

Avez-vous coché une étape particulièrement ?

J.C.P.:"Quand on court pour le général, toutes les étapes sont importantes et quand on est placé, c’est difficile de viser une étape donc aujourd’hui il n’y a pas d’étape cochée. J’ai reconnu les pavés la semaine dernière (il y a deux semaines maintenant, ndlr). C’est très particulier. Ce sera forcément une étape clé du Tour. On ne gagnera pas le Tour ici mais certains peuvent le perdre".

C’est là que l’équipe doit être particulièrement importante…

J.C.P.: "Oui il faut être bien entouré. C’est primordial de bien entrer dans les pavés pour ne pas perdre de temps et éviter les chutes. On compte sur l’équipe ce jour-là".

Vous pensiez à la retraite mais finalement la tendance serait plutôt à continuer. Qu’en est-il ?

J.C.P.: "Je vais continuer. J’ai prolongé deux ans avec AG2R. La passion l’emporte sur la raison. Dans les deux prochaines années, j’aimerai bien faire un Giro. C’est la course à étape de trois semaines que je n’ai pas faite. Ce sera en 2015 ou 2016. J’ai encore des ambitions sportives dont je vais scruter les parcours et choisir lequel me convient le mieux. Si en 2015, le parcours du Tour de France est plus intéressant pour moi j’irai, auquel cas 2016 ce sera plus certainement le Giro. Et vice-versa. Sans doubler Tour-Giro. Un Grand Tour par an, je pense que ça suffit."