Péraud
Jean-Christophe Péraud se rapproche du podium à quatre jours de l'arrivée à Paris | LIONEL BONAVENTURE / AFP

Jean-Christophe Péraud, la tête et les jambes

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Comme dans la montée de Risoul quatre jours plus tôt, Jean-Christophe Péraud (37 ans) a été le seul à pouvoir suivre Vincenzo Nibali, ce merdredi jusqu’au sommet de Pla d’Adet. Sa régularité et sa capacité à "aller très, très loin dans la douleur" lui permet de réduire considérablement l’écart qui le sépare de Thibaut Pinot et du podium à la veille de la dernière étape de montagne du Tour 2014.

Entre deux camionnettes garées près du podium, Jean-Christope Péraud s’est écroulé. Il vient de passer la ligne et a besoin de récupérer avant de répondre aux micros tendus. Vincent Lavenu s’approche pour lui dire combien il est "fier, fier de cette équipe avec des coureurs courageux, offensifs, qui méritent vraiment ce qui leur arrive aujourd’hui". Il l’embrasse et observe son leader avec admiration.

"C’est un être exceptionnel, s’enthousiasme-t-il. Aujourd’hui, on peut dire que s’il avait commencé la route plus tôt (Péraud est un vététiste de formation, ndlr), il aurait pu envisager une victoire sur le Tour de France. Il a un physique incroyable, il est capable d’aller très très loin dans la douleur". L’intéressé a beau tempérer en expliquant qu’en troisième semaine, c’est dur pour tout le monde, il sait que son mental a encore fait la différence ce mercredi.

"Je suis un vieillard"

"C’est dans la tête que ça se joue et je sais me faire violence, souffle-t-il. Je ne m’attendais pas à pareille fête, je suis un vieillard… mais je récupère pas trop mal et c’est en essayant de suivre plus fort que moi que j’arrive à faire le break sur mes adversaires". Cela a encore fonctionné cet après-midi : Péraud a été le seul grimpeur capable de se jeter dans la roue du maillot jaune, intouchable depuis le grand départ à Leeds. Le Tricolore s’en est servi comme "un super point d’appui" qui l’a "bien aidé" dans sa quête pour le podium.

Toujours quatrième au général, ‘Jicé’ revient à huit petites secondes (contre 1’02 de retard la veille) de Thibaut Pinot, lâché dans le quatrième col de la journée. Lavenu admet ce soir que c’est le vétéran des AG2R-La Mondiale qui est en meilleure position pour le podium aux dépens de Romain Bardet, "voire pour la deuxième place". Et il a du mal à y croire : en 2011, quand il avait cherché Péraud chez Lotto, où le coureur était mal à l’aise, le manager général s’attendait à ce qu’il progresse sur la route pour devenir rapidement l’un de ses leaders. "Mais au point d’être à ce niveau-là, non. C’est une excellente surprise. Un être exceptionnel".

Vidéo : La réaction de Péraud à l'arrivée

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer