Chris Froome
Chris Froome a frappé un grand coup sur le Tour 2015 | JEFF PACHOUD / AFP

Froome écrase tout sur son passage

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Christopher Froome a remporté en solitaire la 10e étape du Tour de France entre Tarbes et La Pierre-Saint-Martin au terme d'une démonstration presque écoeurante de facilité. Au sommet, le leader de la Sky devance son coéquipier Richie Porte et Nairo Quintana, seul homme à avoir pu limiter la casse face à la machine britannique. La concurrence est repoussée loin, très loin.

Au moins c'est clair. Christopher Froome est bien le plus fort sur ce Tour 20015. La première semaine de course l'avait laissé deviner, la première étape de montagne l'a confirmé. Et de quelle façon ! Eclatante, impressionnante, brillante pour certains, trop écrasante, voire carrément suspecte pour d'autres. Si les commentaires acerbes fleurissent déjà sur les réseaux sociaux après cette envolée presque irréelle, l'heure est pourtant aux premiers constats factuels. La Sky est très forte, Nibali et Contador ne semblent pas dans le coup et Quintana est le dernier à pouvoir s'opposer à un scenario déjà tout tracé. Mais à plus de trois minutes de Froome au classement général. Le Britannique a peut-être déjà course gagnée. Tout simplement. 

Ceux qui attendaient les 23 derniers kilomètres d'ascension finale pour connaître leurs premières émotions du jour en ont eu pour leurs frais. A 80 kilomètres de l'arrivée, la France du Tour tremble déjà. Warren Barguil, le nouveau chouchou, vient de chuter lourdement lors du ravitaillement en voulant récupérer sa musette. L'image du jeune Tricolore, auteur d'un début d'épreuve enthousiasmant et maintenant à terre, se tordant de douleur, fait rapidement craindre le pire. Visiblement touché au genou, l'espoir de Giant-Alpecin s'allonge sur le bas-côté en attendant les premiers soins. Ceux-ci sont prodigués rapidement et bientôt Barguil se remet en selle. Grimaçant de douleur, pleurant même, le Breton effectue quelques tours de roues pour évaluer les dégâts. Va-t-il s'arrêter au bout de 100 mètres ? D'un kilomètre ? Non, le 14e au classement général poursuit son effort. Attendu par son coéquipier Sinkeldam, le Français parvient même, au courage, à rejoindre le peloton.

La chute de Warren Barguil 

Un peloton, une nouvelle fois, qui n'aura pas laissé sa chance à l'échappée du jour.  Kenneth Van Bilsen (Cofidis) et Pierrick Fédrigo (Bretagne-Séché) ont compté plus de 14 minutes d'avance avant de voir leur bel effort réduit à néant par le train infernal revenant de l'arrière. Le coureur de Bretagne Séché fait bien de la résistance en solo dans les premiers lacets du col du Soudet mais l'affaire est entendue depuis longtemps. Ce qui l'était moins c'était cette défaillance française dès le début des vraies difficultés. Coup sur coup, Romain Bardet, Thibaut Pinot et Jean-Christophe Peraud lâchent tous les trois en quelques centaines de mètres ! En ce 14 juillet, c'est défaite nationale...

Un démarrage de dragster

Les héros du Tour 2014 ne sont décidément pas à la fête puisque, à 10 kilomètres du sommet, c'est Vincenzo Nibali qui explose ! On se doutait que le tenant du titre n'était pas au mieux, mais de là à l'imaginer craquer dès la première montée... Au sein du groupe des favoris, personne ne bouge une oreille si ce n'est Robert Gesink qui tente de se faire la belle. En vain. Warren Barguil, héroïque, a dû baisser pavillon et il ne reste plus que Tony Gallopin et Pierre Rolland dans le clan français pour lutter contre les armadas Sky et Movistar. Il est clair que le duel entre Froome et Quintana se dessine. Mais il n'y en aura pas. A six kilomètres de l'arrivée, Chris Froome fait sonner la charge par son lieutenant Richie Porte. Zélé, ce dernier ne se fait pas prier pour éparpiller tout le monde. Exit Contador, exit, Van Garderen, exit les Français, exit tout le monde sauf... Quintana ! Le petit Colombien, impavide, suit le rythme des deux Sky mais il reste scotché par un démarrage de dragster de Chris Froome !

L'attaque de Chris Froome

L'Anglais frappe fort. Très fort. A la manière d'un Américain disparu du palmarès, il a attendu la première ascension pour asseoir sa suprématie sur l'épreuve. En despote absolu. Dans son style si caractéristique, il ventile tous ses rivaux loin, très loin. Van Garderen est à 2'52, Quintana à 3'09, Valverde à 4'01, Contador à 4'04 et Nibali à 6'57. La question est : sont-ils encore ses rivaux ?

Julien Lamotte