Martin Elmiger
Martin Elmiger | AFP- Jeff Pachoud

Elmiger, valeureux et malheureux

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Echappé pour la troisième fois en dix jours, Martin Elminger a une nouvelle fois connu la déconvenue dimanche à Nîmes, repris à moins de 100 m de la ligne par l'avant du peloton, après avoir fait toute l'étape en tête en compagnie de Bauer. C'est une grosse déception pour le champion de Suisse qui, à 35 ans, essaie de montrer la voie à une équipe IAM prématurément privée de son leader Mathias Frank, et qui cherche toujours à sauver son Tour.

"J’ai passé pas mal de temps en échappée sur le Tour et  je suis passé à 2 centimètres de la victoire. Alors un jour cela va bien finir par passer"., déclarait Martin Elminger mercredi dernier alors qu'il avait déjà tenté sa chance vers Oyonnax. Il avait fait part de sa frustration et de sa volonté de montrer le maillot de son équipe. En Suisse parfait, Elmiger sait gèrer parfaitement ses efforts, ce qui explique sa longévité, même s'il n'est pas avare d'initiatives offensives, toujours à la recherche d'un succès significatif sur le Tour de France, qu'il a déjà disputé cinq fois. Il n'y était plus venu depuis quatre ans, et espérait bien que cette année serait la bonne. Pour l'instant ce n'est pas le cas.

Beucherie: "il l'aurait mérité"

Le directeur sportif de l'équipe IAM, Serge Beucherie, malgré la déception, salue l'engagement de son coureur. "Forcément, je suis déçu, comme lui. Mais moi je considère ça comme une victoire d'étape parce que c'était tellement beau, ils ont frôlé l'exploit. Maintenant voilà, c'est la course. Martin (Elmiger) l'aurait mérité, c'est la troisième fois qu'il essaie dans ce Tour. C'est toujours au départ des échappées un peu "suicides" mais comme je le dis très souvent, pour gagner au loto, il faut tenter sa chance. Il l'a tentée, ça a failli réussir C'est un exemple pour les jeunes. Il a 35 ans, il va de l'avant et cette fois ça a failli payer. L'échappée était très bien partie. On est en deuxième semaine du Tour, ça devient très difficile...Dans les derniers Tours, l'échappée était pratiquement certaine d'aller au bout Cette fois, les équipes de chasse n'étaient peut-être pas organisées, ce qui a permis de prendre de l'avance mais malheureusement elles se sont reprises au mauvais moment, pour un sprint final. C'est vraiment dommage pour Elminger. Mais il va encore essayer. Notre équipe est entreprenante et ne baisse pas les bras. La preuve, Haussler a fini deuxième de ce sprint. On a pris six échappées depuis le départ, c'est la satisfaction, c'est ce qu'il faut retenir. Même si Elminger vraiment mérite mieux".

Un manque de réussite

Il et vrai que dans sa carrière, bien que souvent classé aux places d'honneur, Martin Elmiger, l'un des capitaines de route de cette formation IAM, a manqué de réussite pour étoffer un palmarès riche de seulement quatre succès (dont les 4 jours de Dunkerque en 2010) . Ce rouleur dur au mal n'a pas non plus été épargné par les blessures, qui l'ont très souvent perturbé dans sa préparation. Malgré tout, cela ne l'empêche pas d'attaquer, encore et toujours, même s'il n'est pas toujours facile de compter sur ses compagnons d'échappées comme encore cette fois-ci avec Bauer: "On a joué un peu au poker ensemble et ce n’était pas bien. Personne ne voulait rouler à bloc. On jouait une victoire d’étape sur le Tour, ce n’était pas une petite course. C’était le problème. Mais je suis content. J’ai bataillé". Elmiger a encore essayé. Et il essaiera encore car, comme il le répète "ça va bien finir par passer".  

Christian Grégoire