Cyril Dessel
Cyril Dessel | AFP

Cyril Dessel : « Le premier test, c’est aujourd’hui ! »

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Vainqueur d’une étape en 2008, Cyril Dessel estime que cette 10e étape disputée entre Tarbes et La Pierre Saint-Martin représente le premier grand test pour les prétendants à la victoire finale. Retiré des pelotons depuis quatre ans, celui qui a porté le maillot jaune une journée en 2006, estime par ailleurs que Chris Froome pourrait « faire mal » dans les Pyérénées.

Qu’avez-vous pensez de cette première semaine ?
Cyril Dessel :
Elle a tenu toutes ses promesses. On attendait du mouvement, et pas mal de pièges, notamment avec le vent à Zélande. Il y a eu des cassures, des leaders ont été piégés. Même s’il n’y a pas eu de gros écarts encore, on peut tirer quelques riches enseignements, que ce soit au Mur de Huy. On a vu Nibali en difficulté à Mûr-de-Bretagne, tout comme Thibaut Pinot et Romain Bardet. C’était une semaine très usante et très stressante pour les coureurs.

Quel Français pensez-vous voir le mieux placé au général ?
C. D. :
Pour moi le premier Français au général, ce sera Jean-Christophe Péraud. Il a connu un début de saison difficile, il s’est retrouvé sur ce Tour de France alors qu’il était vraiment en plein doute. Mais il a réalisé une belle semaine, ça a contribué à le remettre dans le bon sens, le remettre en confiance. Comme c’est un coureur qui a un gros mental, qui ne lâche pas les affaires comme ça, je pense que ce sera le plus à même à jouer le classement général, mais peut-être pas au même niveau que l’an dernier. Le podium sera compliqué à aller chercher, mais il peut viser entre quatre et sept.

D’autres Tricolores peuvent aussi prétendre au Top 10…
C. D. :
Oui, il ne faut pas enterrer par exemple un garçon comme Romain Bardet, même si son arrivée sur le Mur-de-Bretagne n’était pas trop rassurante. Warren Barguil n’a pas trop d’expérience du Tour, donc il sera peut-être plus autour de la 8 ou 12e place. Une étape comme celle d’aujourd’hui risque de faire des dégâts, sachant qu’on est au lendemain de la journée de repos, et c’est la transition entre la plaine et la montagne...

Pensez-vous que Chris Froome sera difficile à aller chercher ?
C.D. :
Il a montré qu’il était très fort. Il ne faut pas oublier que les arrivées au Mur de Huy et à Mûr-de-Bretagne, ce ne sont pas des arrivées pour lui. Ce n’est pas le plus explosif du peloton, loin de là. Il est plutôt bien sur les cols assez longs, où il va mettre en route les watts, et petit à petit user ses adversaires. Vu la manière dont il a manœuvré sur ces arrivées là, il risque de faire mal dans les Pyérénées.

La victoire n’est pas encore jouée…
C. D. :
Non, le Tour n’est pas terminé. Jusqu’à présent n n’ a pas pu trop les juger. Quintana a bien limité la casse, Contador aussi, même s’il ne nous a pas rassurés. On ne le sent pas trop en mesure d’inquiéter Froome. Le premier test c’est cette 10e étape. Si Froome enfonce le clou et remet 45 secondes à tout le monde, ça va un peu tuer le Tour de France et achever le suspense. Mais j’espère que nous aurons encore du suspense ! Les coureurs ont tous l’idée de l’attaquer à Pra-Loup, mais il faudra encore qu’ils soient dans les temps à ce moment là…

Romain Bonte