Ça s'est passé le 24 juillet 2011 : Cadel Evans devient le premier australien à remporter le Tour de France

Publié le , modifié le

Auteur·e : Antoine Limoge
Cadel Evans

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C'est un double exploit que réalisa Cadel Evans le 24 juillet 2011. Le coureur BMC s'offrait le Tour de France et devenait par la même occasion le premier Australien de l'histoire à remporter la Grande Boucle. À 34 ans, il s'adjugeait également le titre honorifique du cycliste le plus vieux à gagner le Tour depuis l'après guerre. Une magnifique victoire pour Cadel Evans qui s'est dessinée dans les derniers jours de l'épreuve.

Cadel Evans (BMC) remporte le Tour de France le dimanche 24 juillet à Paris au terme de la 20e étape gagnée au sprint sur les Champs-Elysées par le Britannique Mark Cavendish (HTC). Evans devient le premier Australien vainqueur du Tour. Grâce à lui, son pays est le douzième représenté au palmarès du Tour de France. Il met fin à la grande hégémonie européenne puisque les coureurs américains (LeMond, Armstrong) étaient , avant sa victoire, les seuls non-Européens à avoir gagné la plus grande course du monde.

La victoire de la patience pour Cadel Evans 

Cette victoire de Cadel Evans marque l'avènement à 34 ans d'un champion atypique, discret et patient, qui a bâti sa réussite sur sa persévérance au travail, bien loin des clichés du héros flamboyant. Le coureur australien ne renonce jamais. Ancien professionnel de VTT, il est même double champion de la discipline en 1998 et 1999. L'Australien est encore bien loin des routes du Tour, mais attention, Cadel arrive. 

Après avoir signé son premier contrat pro dans une équipe de cyclisme sur route en 2001, le jeune Evans va très vite enchaîner les prestations satisfaisantes avec de bonnes places d'honneur sur les classiques ardennaises, et surtout sur les courses par étapes comme Paris-Nice. En 2005, pour sa première participation au Tour de Franc, il fait preuve de régularité dans les étapes de montagne et les contre-la-montre, et termine 8e à Paris, "succédant" à Phil Anderson, dernier Australien ayant réalisé un Top 10 sur la Grande Boucle. Le tout au sein de l'équipe Lotto, essentiellement taillée pour aider le sprinter australien Robbie McEwen

Cadel Evans sur les routes de son premier Tour en 2005
Cadel Evans sur les routes de son premier Tour en 2005 © JAVIER SORIANO / AFP

Le Tour de France devient l'objectif prioritaire de chaque saison de l'Australien et il améliore année après année son classement. 4e en 2006, il termine 2e en 2007 à seulement 23 secondes d'Alberto Contador et une nouvelle fois il échoue à la seconde place l'année suivante, distancé de 58 secondes par Carlos Sastre. Cadel Evans va néanmoins porter, pour la première fois de sa carrière, le maillot jaune pendant cinq jours cette année-là. 

Ses meilleurs résultats ont longtemps été des deuxièmes places. Beaucoup y ont vu la reconnaissance de son talent mais surtout de ses limites. L'Australien a finalement vaincu les préjugés en 2009 avec son titre de champion du monde à Mendrisio, à quelques kilomètres de son domicile. Un déclic ? Lui affirme que non. 

Cadel Evans rompt la malédiction de la deuxième place

Son arrivée en 2010 dans la formation américano-suisse BMC, construite autour de lui a été capitale. "Il est facile à vivre par rapport à d'autres coureurs de son niveau. Il est toujours sympathique et prévenant avec ses équipiers, même à l'approche du Tour de France qui est un rendez-vous essentiel", déclarait à l'époque Jacques Michaud, membre de l'encadrement de l'équipe BMC.

2011 arrive. Après les échecs cuisants de 2009 et 2010, Cadel Evans est focus sur la Grande Boucle. Il limite ses jours de course, préfère se préparer avec des courses à étapes, notamment le Dauphiné dont le contre-la-montre épousait le parcours de celui d'une étape du Tour. Le natif de Katherine est maintenant fin prêt. 

Il réalise un excellent départ du Tour avec notamment une deuxième place lors de la première étape ainsi qu'au contre-la-montre par équipe et remporte la quatrième. Cadel Evans parait solide mais arrivera-t-il à être si fort dans la haute montagne face à la jeunesse incarnée par les frères Schlek ? Dans les Pyrénées, l'Australien fait jeu égal avec les meilleurs grimpeurs. Dans la 18e étape, il emmène seul le groupe des poursuivants dans le col du Galibier mais ne peut suivre Andy Schlek qui remporte l'étape au terme d'une longue échappée. Le lendemain, il parvient à rester dans la roue de ce dernier dans la mythique montée de l'Alpe d'Huez. Après cette dernière étape de montagne, Evans accuse un retard de 57 secondes sur le leader du classement général, son rival luxembourgeois mais c'est une victoire pour l'ancien coureur de VTT. La Grande Boucle se jouera sur le contre-la-montre, la spécialité du cycliste australien. 

La veille de l'arrivée aux Champs-Élysées, le samedi 23 juillet, il obtient la seconde place du contre-la-montre de Grenoble juste derrière l'Allemand Tony Martin et s'empare du maillot jaune sur le fil. Cadel Evans remporte ainsi le Tour de France 2011 en devançant d'une minute et 34 secondes son dauphin, Andy, le plus jeune des frères Schlek. La victoire de la combativité, de la patience pour l'Australien qui rentre dans l'histoire de son pays. 

Antoine Limoge