Marcus Burghardt
Marcus Burghardt | .

Burghardt est retourné dans l'ombre

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Devant le car BMC au départ à Bourg-en-Bresse, Marcus Burghardt promène sa grande carcasse avant de prendre le départ 12e étape qui mène le peloton vers une ville symbolique puisque c'est à Saint-Etienne qu'il a remporté sa seule victoire sur le Tour de France... C'était en 2008. Il s'était alors imposé après une échappée au long cours et beaucoup promettait un bel avenir à ce coureur de 25 ans.

Huit ans plus tard, Burghardt cherche son second souffle. Depuis, il n'a pris que deux places d'honneur dans les Flandriennes et remporté deux étapes du Tour de Suisse. Et depuis 2010, plus rien. Comment ce coureur talentueux, qui avait surpris son monde sur cette étape menée avec autorité, a-t-il pu passer à côté de la carrière qu'il pouvait espérer ? "J'avais un profil de rouleur. L'année précédant cette victoire sur le Tour, j'avais gagné Gand-Wevelgem et je me suis alors fixé sur les classiques. J'étais obsédé par Paris-Roubaix. Mon programme était tracé: les classiques et les grands tours pour tenter de chercher une nouvelle étape".

Hélas pour le grand coureur allemand, les qualités dont il avait fait preuve lors de ces trois saisons réussies, avec l'équipe Columbia jusqu'en 2009, n'ont pas été suivies d'effet. Petit à petit, il est rentré dans le rang. "Le fait de n'avoir plus obtenu de résultat probant dans les courses d'un jour du printemps, et de n'avoir pas confirmé sur les pavés de Roubaix, m'ont miné le moral et j'ai perdu confiance." Désormais, attaché à l'équipe BMC, Marcus Burghard a dû accepter de redevenir un coureur anonyme, sans jamais être assuré de participer au  Tour. Cette année, son expérience a été jugée intéressante pour accompagner Van Garderent ou Van Avermaet, se mettre au service d'un leader  dans un permanent et ingrat travail de l'ombre. C'est sans doute une déception pour lui mais il se veut philosophe : "J'avais beaucoup travaillé sur piste, et ça m'a longtemps servi dans mon rôle de rouleur. Mais ça ne suffit pas toujours, il y a aussi une part de stratégie et une part de chance".  Sa chance, c'était il y a huit ans à Saint-Etienne. Et elle ne repasse pas deux fois. 

Christian Grégoire