Bryan Coquard tout sourire après sa victoire
Une chute de trop pour Bryan Coquard | SYLVAIN THOMAS / AFP

Bryan Coquard rêve du maillot jaune

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A Sainte-Mère-Eglise, le Tour a fait sa présentation. Un show mêlant les stars d'aujourd'hui et les héros d'hier, ceux du débarquement de juin 1944. C'est à bord d'un véhicule de la Seconde Guerre mondiale que la formation Direct Energie a fait son apparition. En premier. Bryan Coquard, dont on ignore s'il est superstitieux ou non, peut-il y voir un signe ?

Avec le forfait de Nacer Bouhanni - sur blessure à la main - et sans Arnaud Démare, le "Coq" est le seul atout d'un sprint français que l'on sait en plein renouveau depuis quelques années après une petite décennie de vaches maigres. Une situation qui n'inquiète pas plus que ça un Coquard bien décidé à lever les bras sur le Tour de France pour la première fois de sa jeune carrière: "Leurs absences ? Ça ne change pas grand-chose, estime-t-il. Le plan c'est de gagner et pour gagner il faut battre tout le monde. Sans Bouhanni, ça fait juste un sprinteur de moins". Cette saison, Coquard a remporté 13 courses, ce qui en fait ni plus ni moins que le coureur le plus victorieux. Devant les Kittel (10), Kristoff (8) ou Greipel (8). Bien que le sprinteur de Direct Energie prétende le contraire, le sourire aux lèvres et la confiance en bandoulière après la présentation des équipes du 103e Tour de France, la désertion de Bouhanni et Démare change au moins une chose pour lui. Sans eux, il n'a battu aucun de ses réels adversaires sur la Grande Boucle. Une adversité qui fait dire à Adrien Petit, son fidèle lieutenant, que la tolérance devra être de mise avec ses résultats: "S'il est un ton en dessous, il ne faudra pas dire qu'il est en deçà des attentes. Il est encore jeune".

Le maillot jaune dans le viseur

Jeune et rêveur. Ou ambitieux, c'est selon. Car le premier maillot jaune du Tour de France est promis à un sprinteur après les 188 kilomètres reliant le Mont-Saint-Michel et Utah Beach Sainte-Marie-du-Mont, samedi. Si "la grappe des Kittel, Greipel, Sagan, Cavendish et Kristoff" est favorite, Coquard parle du paletot de leader comme un "rêve de gosse". Jean-René Bernaudeau, son manager, y croit tellement qu'il a fait repérer le final de l'étape à ses hommes, chose assez rare pour une équipe de sprinteur. "On a repéré plusieurs étapes, confirme Petit. On sait comment est l'arrivée samedi, on sait comment ce sera à Cherbourg (dimanche) ou encore à Limoges. Ça ne suffit pas, il faut avoir les bonnes jambes, mais on part avec un temps d'avance". Un temps d'avance non négligeable face aux trains impressionnants des Etixx-Quick Step de Kkittel ou des Lotto-Soudal de Greipel.

Une chance à Cherbourg ?

"Le maillot jaune est un réel objectif mais si ce n'est pas samedi, il y a d'autres occasions". Si Bryan Coquard est si souriant devant la presse à Sainte-Mère-Eglise, c'est sans doute aussi parce que le "Coq" a une idée derrière la crête. Si samedi le profil du final, plat comme le dos de la main, ne siéra pas totalement à ses qualités, il en sera autrement dimanche, à Cherbourg. Pour l'occasion, Thierry Gouvenou, grand manitou des parcours du Tour, a déniché la Côte de La Glacerie, un raidard d'1,9km à 6,5% avec des passages à 14%, et en a fait le juge de paix de la deuxième étape. Un final qui ressemble étrangement à celui de l'Amstel Gold Race dont Bryan Coquard avait pris la 4e place et où lui et Michael Matthews étaient les seuls sprinteurs présents dans le top 10. De quoi nourrir de belles ambitions devant un public normand qui a prouvé jeudi soir lors de la présentation des équipes sa ferveur et son amour pour le Tour de France.