Sixième du Tour de France 2014, Romain Bardet a remporté une étape sur le Dauphiné 2015
Sixième du Tour de France 2014, Romain Bardet a remporté une étape sur le Dauphiné 2015 | AFP

Bardet : "Le podium, j’ai encore quelques années pour y penser"

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Vincent Lavenu, son manager, dit de lui qu’il est "une valeur sûre de l’équipe pour le classement général". Qu’il "fait partie des tous meilleurs mondiaux dans les courses par étapes". Romain Bardet aborde le Tour de France avec une ambition légitime. Légitime, mais pas débordante. Quinzième en 2013, sixième en 2014, le jeune coureur d’AG2R La Mondiale (24 ans) aurait toutes les raisons de briguer un podium. Il n’entend pas griller les étapes. "L'objectif, c'est de faire mieux", nous a-t-il confié. Entretien.

Quand on finit sixième du Tour de France en 2014, on nourrit forcément des ambitions de podium l’année suivante ?
Romain BARDET :
L’objectif, c’est de faire mieux. L’an passé, on a placé la barre très haute. Alors on sait qu’on est attendu au tournant. Mais oui, on a de vraies ambitions. Une victoire d’étape, ce serait bien. On pense aussi au classement général, forcément.

Ce serait quoi, pour vous, réussir votre Tour de France ? Finir sur le podium ?
R. B. :
C’est sûr que ce serait une immense récompense. Maintenant, je n’en fais pas une priorité absolue. L’objectif, c’est de se montrer. D’aider l’équipe. Le podium, j’ai encore quelques années pour y penser. Si ça vient dès cette année, tant mieux. Mais je n’en fais pas une fixation.

Vous vous sentez plus fort que l’an passé ?
R. B. :
Je suis dans une forme correcte. Pas optimale, mais correcte. Le dernier Dauphiné (marqué par une victoire au Pra-Loup et conclu à la 6e place, à 2’05 de Chris Froome) l’a montré : j’ai bien travaillé depuis le début de saison. Alors ce Tour, je l’aborde avec davantage de confiance. D’expérience, aussi. Ce sera mon troisième. Maintenant, je connais les exigences d’une course. Ses pièges. Je sais que trois semaines, c’est long. Pour être bien placé à l’arrivée, il ne faudra pas laisser trop d’énergie dès le premier chrono (un contre-la-montre individuel de 13,8 km).

VIDÉO : Sa victoire au Pra-Loup dans le Dauphiné

Le parcours 2015 est-il plus adapté à vos qualités ?
R. B. :
Sur le papier, oui. Il y a suffisamment de montagne pour que je puisse m’exprimer. Après, encore une fois, pour pouvoir être là en montagne, il faut éviter les pièges de la première semaine. Les secondes éventuellement perdues seront précieuses. Dans une course à étapes comme le Tour, ce qui compte, c’est la constance. 

"​Jean-Christophe est le leader numéro un de l’équipe, et il est légitime pour l’être"

L’an passé, Jean-Christophe Péraud avait fini deuxième. Aujourd’hui, il semble moins bien. C’est toujours lui le leader de l’équipe ?
R. B. :
C’est le leader numéro un de l’équipe. Et il est légitime pour l’être. C’est quelqu’un de très grande valeur. Je lui suis très reconnaissant.

Mais si les circonstances de course l’exigent, la hiérarchie peut-elle changer ?
R. B. :
C’est à la direction sportive de répondre. Ce que je sais, c’est que l’an passé, on a essayé de créer une rivalité entre nous. Mais je vous assure qu’avec Jean-Christophe, il n’y aucune bataille d’ego. Notre association a fait ses preuves. C’est une grande force de pouvoir s’appuyer sur un binôme.

On attend aussi beaucoup d’un autre Français : Thibaut Pinot. Le voyez-vous comme votre plus sérieux concurrent ?
R. B. :
Je l’espère en tout cas. Ça voudra dire que les Français se montrent. Sur le Tour, il y a toujours une certaine émulation. Une envie de briller. C’est exactement ce qu’on veut faire.