Romain Bardet et Jean-Christophe Péraud
Romain Bardet et Jean-Christophe Péraud attaquent les Alpes en bonne position | Alexandre MARCHI, PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Bardet et Péraud à armes égales avant les Alpes

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AG2R-La Mondiale possède un luxe unique dans le peloton du Tour de France 2014 : deux leaders annoncés depuis le départ et toujours pensionnaires du Top 10 au classement général après deux semaines de course. Romain Bardet (4e à 3’01) et Jean-Christophe Péraud (8e à 3’57) ne garderont probablement pas le même niveau du leadership jusqu’à Paris : les Alpes, que les coureurs entament ce jeudi en arrivant à Chamrousse, vont-elles les départager? Analyse en compagnie de Cédric Vasseur, consultant FranceTVSport.

Jusqu’ici, tout va bien. Sans doute mieux encore qu’ils n’avaient osé l’imaginer. Après douze étapes difficiles, nerveusement usantes et marquées par les nombreuses chutes, Romain Bardet (23 ans) et Jean-Christophe Péraud (37 ans) sont toujours dans le coup. Les deux Français sont passés entre les gouttes, limitant les dégâts en Angleterre, évitant les chutes sur les pavés, jamais piégés en plaine. Cela leur a permis de passer une première partie de course "en position d’attente", comme s’en félicite Bardet.

Mais ce dernier, meilleur Français l’an passé sur les routes du Tour (15e au général), commence à avoir des fourmis dans les jambes. "J’en ai un peu marre de suivre, admet-il. J’ai envie de passer à l’offensive dès que possible. J’ai été un peu trop timoré dans le dernier replat (de la Planche des Belles Filles, lundi, ndlr), il y avait moyen d’accompagner. Thibaut (Pinot, parti seul à l’attaque dans les derniers hectomètres). J’ai encore un peu de mal à prendre les bonnes décisions dans les derniers moments mais les jambes sont là."

"Celui qui attaque peut tout perdre"

Visiblement déterminé à passer à l’attaque, le maillot blanc va-t-il jouer sa carte à fond, quitte à prendre le dessus sur son aîné qui affiche les mêmes ambitions au général ? "Il est plus offensif, mais sa formation peut le canaliser, estime Cédric Vasseur. Je vois les deux coureurs rester dans une position défensive pour l’instant, car celui qui prendra le risque d’attaquer peut tout perdre".

Ceci est d’autant plus vrai pour Péraud que l’ancien vététiste est très à l’aise en contre la montre : il serait donc bien judicieux de ne pas se mettre en danger dès les Alpes pour garder de la fraîcheur en vue des Pyrénées… et du chrono du 26 juillet prochain, veille de l’arrivée à Paris. "Jean-Christophe est au sommet de sa forme, assure son directeur sportif Vincent Lavenu. Bien sûr, s’il y a l'occasion d'attaquer, nous le ferons. Mais il ne faut pas attaquer n'importe comment. Quand Nibali attaque dans la Planche des Belles Filles, il ne prend pas plus de 15 secondes au final. Il va falloir gérer."

Les deux rêvent d'un podium

Vasseur souligne aussi l’importance des facultés de récupération des deux coureurs : "C’est celui qui va le mieux encaisser la chaleur et les changements de températures qui va sortir, mais aujourd’hui, impossible de dire lequel". Il faut dire que les deux coureurs sont "de valeurs très similaires", car si Péraud a l’avantage du contre la montre, Bardet semble un peu plus en jambes en montagne.

"Dans les Alpes, on va plutôt être sur une phase attentiste, annonce finalement Vasseur. Je vois mal l’un des deux coureurs prendre des risques. S’ils doivent passer à l’attaque, ça sera dans les derniers jours du Tour de France". Où l’on se mettra peut-être à rêver de podium, car ces Français-là ont la gnaque. Bardet l’a déjà promis : face à Nibali, malgré son "palmarès énorme", il n’aura "aucun blocage psychologique".