Bordure prétexte
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Attention bordure !

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La bordure, si redoutée des coureurs et notamment de ceux qui visent le classement général, pourrait bien causer quelques dégâts ce dimanche. Le profil de cette deuxième étape, qui longe un bord de mer souvent venté entre Utrecht et Zélande, se prête parfaitement au phénomène.

Tout le monde sait plus ou moins qu’une bordure en cyclisme peut faire perdre de précieuses secondes, voire plusieurs minutes aux coureurs, mais dans le détail, il est toujours plus difficile d’expliquer précisément de quoi il s’agit. Sans vent pas de bordure. Le vent est l’élément indispensable à sa formation. Pour résumer, vous êtes victime d’une bordure lorsque le vent vous fait face, ou souffle de côté.

Pour vous protéger du vent, vous êtes au mieux à l’avant au sein d’un peloton compact. Au pire, vous êtes juste derrière, et c’est alors qu’une file indienne, « un éventail » se crée. Si à ce moment, l’un des coureurs laisse trop de distance avec celui qui le précède, il n’est plus abrité du vent, perd le contact et c’est la cassure !

Vous vous retrouvez donc piégé dans cette interminable queue, incapable que vous êtes de faire la jonction et encore moins de remonter jusqu’au peloton. Certains ont même perdu toute chance de gagner un Tour de France suite à « un coup de bordure ». Ce fut par exemple le cas d’Alejandro Valverde, victime d’une crevaison et d’une bordure en 2013, perdant près de dix minutes dans l’opération... Lors de la 3e étape de l’édition 2009, un certain Lance Armstrong avait piégé son propre leader, Alberto Contador, mais aussi Cadel Evans et Carlos Sastre. Avec des pointes de vent annoncées aux alentours des 100 km:h, sans compter les averses de pluie, cette étape risque de constituer un tournant dans ce Tour 2015. 

Romain Bonte