Arnaud Démare et Marcel Kittel
Arnaud Démare, à gauche, est pour l'instant incapable de rivaliser avec Marcel Kittel | David Stockman / BELGA MAG / BELGA/AFP

Arnaud Démare à l’épreuve de la patience

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Quatorzième du sprint massif à Londres lundi, Arnaud Démare (FDJ.fr) n’est pas en réussite en ce début de Tour, le premier de sa carrière. Le champion de France (22 ans) en "prend plein les yeux" mais regrette de ne pas avoir encore pu s’exprimer et attend encore son heure, conscient qu’il est attendu au tournant.

Arnaud Démare a déjà gagné à Londres. En août dernier, il y avait confirmé son statut de jeune pépite du sprint en remportant, devant Sacha Modolo, la Ride London Classic. Lundi soir, l’arrivée royale organisée sur The Mall, dans la capitale anglaise, lui a beaucoup moins souri. Pas idéalement placé et bloqué dans le final, il n’a rien pu faire face au train ahurissant des Giant-Shimano, lequel a propulsé Marcel Kittel, intouchable, vers un deuxième succès en trois essais

Coquard plus convaincant

Bluffant de maîtrise, l'Allemand évolue indéniablement dans une autre catégorie que celle de ses concurrents en ce début de course. Mais Démare ne peut se cacher derrières les performances du double vainqueur d'étapes pour justifier son 14e rang, car le Tricolore s’est également fait devancer par trois de ses compatriotes : Bryan Coquard, Romain Feillu et Samuel Dumoulin. Des résultats encourageants pour le sprint français, un peu moins pour son plus prometteur représentant. Samedi, déjà, l'espoir de la FDJ.fr n’avait pas pu jouer la victoire, gêné par la chute provoquée par Mark Cavendish. "Cette fois, c’est Navardauskas qui me gêne, déplorait lundi le Français. Mes équipiers prennent des risques, je prends des risques et on ne peut pas s’exprimer…"

Ne croyez pas pour autant que le champion de France passe un mauvais début de Tour. Entouré par sa famille sur les trois premières étapes britanniques, il "savoure au jour le jour", "profite", en "prend plein les yeux". "Je m’attendais à ce que ce soit impressionnant, mais là.... C’est mon premier Tour, et je prends tout de suite ça dans la figure, c’est super", lâche le Beauvaisien, qui sait que ce n’est qu’un début. "Tout le monde me dit que l’ambiance avec le maillot bleu-blanc-rouge va encore être très différente en France, poursuit-il. C’était déjà très impressionnant en Angleterre, donc franchement, je ne sais pas trop à quoi m’attendre". D’autant qu’au Touquet, d’où part ce mardi la quatrième étape, il n’est "pas très loin de la maison" et s’attend à vivre "un grand moment" sur des routes qu’il a souvent arpentées.

"Je vais être frustré"

Déjà loin au général (163e à 19’50), l’étape des bosses dans le Yorkshire ayant déjà creusé des écarts significatifs, Démare espère être davantage à la fête ces prochains jours, où plusieurs tracés correspondent à son profil. Il a évidemment coché la cinquième étape, un "Paris-Roubaix dans l’autre sens" qui "risque de faire pas mal de dégâts", mais lui-même reconnaît que l’équipe pourrait d’abord vouloir protéger Thibaut Pinot. Encore une carte en moins pour le sprinteur. "Il faut vite que je puisse m’exprimer, sinon je vais être frustré", reconnaissait-il lundi. D’autant que l’ombre du triple vainqueur d’étape sur le Giro, Nacer Bouhanni, à qui il a été préféré pour le Tour, ne sera jamais loin. Bien malgré lui.

Vidéo : le sprint massif de l'arrivée à Londres

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer