Chris Froome, Romain Bardet et Vincenzo Nibali
Chris Froome, Romain Bardet et Vincenzo Nibali | AFP

A la sortie du Dauphiné, Froome et Bardet en hausse, Nibali en question

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Le 67e Critérium du Dauphiné, remporté par Chris Froome, a livré quelques enseignements intéressants à trois semaines du Tour de France. Le Britannique a fait forte impression, tout comme Romain Bardet et Tejay Van Garderen. Vincenzo Nibali, lui, laisse planer le doute.

A la hausse : Froome, Van Garderen et Bardet​

"Je me sens déjà au point". Parfois avare en confidence, il a d’ailleurs boudé la presse samedi, Chris Froome a livré cet aveu à L’Equipe après son succès dans la dernière étape, et sa victoire finale, sur le Critérium du Dauphiné. A tous points de vue, le Froome 2015 est bien loin du Froome 2014. Quand il dominait les deux premières étapes la saison dernière avant de craquer sur la fin de semaine, le Britannique est cette fois monté en puissance pour dominer l’ultime week-end très montagneux. Sa victoire lui donne confiance à trois semaines du départ de la Grande Boucle (4-26 juillet). 

En voilà un qui a sérieusement haussé son niveau de performance. Tejay Van Garderen, porteur du maillot jaune pendant deux jours sur ce Dauphiné a perdu au jeu des bonifications (les dix secondes empochées par Froome le dernier jour à Modane). Mais il a fait forte impression, notamment à Pra-Loup quand il a terminé deuxième de l’étape devant un Froome qui avait pourtant attaqué. Cinquième du dernier Tour de France, "TVG" est sans doute le plus solide des prétendants au podium si d’aventure deux des immenses favoris (Froome, Contador, Quintana, Nibali) à la "boîte" n’étaient pas au niveau.

Il avait annoncé se sentir "plus fort", Romain Bardet a joint les actes à la parole sur ce Critérium du Dauphiné. Il avait aussi annoncé vouloir prendre des risques, là encore promesse tenue. La semaine alpestre du sixième du dernier Tour de France a été tout bonnement parfaite, si l’on excepte la malchance qui l’a jeté à terre vers Villard-de-Lans qui lui coûte un top 5 a minima. Sixième au classement final avec la première victoire World Tour de sa carrière, le coureur de Brioude confirme simplement qu’on ne connaît toujours pas ses limites. Du bon augure avant le Tour de France. 

A la baisse : Valverde et Péraud​

Au sein de la formation Ag2r-La Mondiale, Romain Bardet est celui qui a marqué des points. A l’image de ce qu’il avait fait en 2014, Jean-Christophe Péraud s’est montré très discret sur les routes du "Dauphiné". A la peine, "Jicé" a quand même haussé le ton sur la dernière étape pour aider son jeune coéquipier. Vincent Lavenu, son manager, l’estime au moins "au même niveau" que l’an dernier. Le coureur de 38 ans avait alors pris la deuxième place de la Grande Boucle. Patience donc et rendez-vous à Utrecht le 4 juillet prochain.

Toujours dans le coup pour le podium à deux étapes de la fin, Alejandro Valverde avait lui laissé filer sa plus belle chance de top 3 sur un Tour de France dans l’ultime contre-la-montre entre Périgueux et Bergerac. A voir son Critérium du Dauphiné, on doute que "Bala" puisse prétendre à un autre rôle que celui d’équipier de luxe pour Nairo Quintana. A l’aise avec Rui Costa et Nibali vers Villard-de-Lans, il a quand même concédé 38 secondes à ces deux hommes dans la courte ultime ascension, terminant juste devant Tony Gallopin, pas tout à faire réputé pour ses qualités de grimpeurs. Seule une victoire finale sur le Critérium du Dauphiné (comme en 2008 et 2009) aurait pu lui permettre de prétendre jouer un rôle important en juillet.

En question : Nibali

L’énigme de ce 67e "Dauphiné". Tantôt aérien, tantôt à la traîne, Vincenzo Nibali a fait le yo-yo. Dans la cinquième étape, celle remportée par Romain Bardet, son écart était étonnant par sa brutalité. Ce jour-là, le "Requin de Messine" a terminé à deux minutes du vainqueur du jour. Face aux doutes, il avait réagi, avec du panache, comme il sait le faire pour aller prendre le maillot jaune le lendemain… avant de baisser à nouveau pavillon lors du dernier week-end. Douzième au classement final, Nibali n’a ni inquiété, ni rassuré. Et c’est peut-être là sa force à trois semaines du Tour de France.