Bernard Hinault
Bernard Hinault | PASCAL POCHARD-CASBIANCA / AFP

Tour 2014:Bernard Hinault prône l'audace

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Comme tous les ans, Bernard Hinault était présent à la présentation du Tour de France 2014. Avec son caractère bien trempé, il a tenu à rappeler que ce n’est pas le tracé, mais bien les coureurs qui font une grande course, et ce Tour de France pourrait profiter aux plus audacieux.

"Peu importe le tracé"

"Ce n’est pas le tracé qui fait la course, ce sont les coureurs", affirme ‘le Blaireau’ un brin agacé. "Qu’il soit facile ou difficile, ce sont les coureurs qui disposent de ce parcours, et ils en feront ce qu’ils voudront !", a-t-il lancé. Vainqueur de 28 étapes sur la Grande Boucle, il aime rappeler qu’en son temps, rien ne lui faisait peur. "Tous les parcours me convenaient. Le Tour, c’est comme dans un restaurant, vous avez un menu et il faut composer avec. Vous avez des difficultés, des endroits clés, donc vous devez faire la course en conséquence. Je fais ma course, et je ne m’occupe pas des autres", déclare l’ancien champion, qui fêtera bientôt ses 59 printemps.

Selon lui, la différence peut se faire partout, et encore une fois, peu importe le tracé. « Il faut le vouloir, c’est tout. Il ne faut pas attendre le dernier jour, ou le contre-la-montre pour faire le Tour de France. Un Tour se dispute du début à la fin, et quand on voit ce qui s’est passé cette année entre Tours et Saint-Amand-Monrond, où Froome s’est retrouvé en difficulté, il faut savoir utiliser ça », a-t-il détaillé.

Quintuple vainqueur de la Grande Boucle (1978, 1979, 1981, 1982, 1985), Hinault qui est aujourd’hui conseiller auprès d’ASO,  a également à son palmarès une édition du Paris-Roubaix en 1981. Avec le passage des pavés sur le tracé, il sait mieux que quiconque que la fameuse cinquième étape dans le Nord pourrait être cruciale. Amusé de voir que certains coureurs, dont les plus prestigieux, n’ont encore jamais goûté au plaisir si particulier de l’Enfer du Nord, Hinault attend avec impatience la cinquième étape de ce Tour 2014.

"Froome peut craindre les pavés"

"Certains vont peut-être aller faire le Paris-Roubaix pour voir comment cela se passe… ", dit-il avec un air malicieux. "Paris-Roubaix peut être dangereux pour certains coureurs, mais quand on est jeune coureur, il faut le faire au moins une fois pour ne pas appréhender le passage sur les pavés", explique-t-il. Hinault avance même que Christopher Froome "peut craindre les pavés, car il n’en a jamais fait. Ce n’est pas une discipline où il sera très à l’aise, et si les autres sont malins, ils pourront en profiter".

Cela dit, il estime que le Britannique reste parmi les favoris. "On va repartir avec Froome comme favori, c’est lui qui vient de gagner, donc on ne peut pas dire qu’il ne sera pas là. Mais il y aura aussi Bradley Wiggins, Alberto Contador, d’autres aussi." Quant aux chances françaises, Hinault reste toujours aussi positif, et entend bien lutter contre ceux qui estiment qu’il sera difficile de voir un Français s’illustrer. "Il n’y a pas de raison. On est qu’au mois d’octobre, donc ils ont le temps de se préparer pour être en condition." Quant à savoir lequel d’entre eux se mettra le plus en évidence, Hinault s’en sort par une pirouette. « Je vous dirai ça à l’arrivée du Tour !"

Romain Bonte