Aravane Rezai
La puissance d'Aravane Rezai n'a pas suffi au 1er tour | AFP - Patrick Kovarik

Toujours pas de rebond pour Rezaï

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Toujours perturbée par les problèmes dans son entourage dont elle a relaté les détails la semaine dernière, Aravane Rezaï n'a pas pu faire le vide pour jouer à son niveau lors du 1er tour. 6-3, 6-3, la Roumaine Irina-Camelia Begu n'a fait aucun cadeau à la Française, qui glissait au milieu de quelques larmes: "Je veux revenir pour gagner le tournoi, pas pour livrer un combat avec moi-même mais être heureuse."

Il parait si loin le temps où Aravane Rezai enthousiasmait le public du Central, au gré d'un 3e tour en 2010 ou d'un 8e de finale en 2009. Montée jusqu'au 15e rang mondial l'année dernière, la Française ne parvient plus à jouer. Si l'on savait depuis l'Open d'Australie et l'interdiction faite à son père par la WTA de fréquenter le circuit, que les tensions étaient fortes entre la joueuse et son entourage, elle a pour la première fois précisé les maux la semaine dernière, dans L'Equipe. Des paroles qui l'ont certainement libérée, mais qui n'ont pas été suffisantes pour retrouver son allant et une victoire, sérieusement hypothéquée par les 44 fautes directes commises durant ce match."Je suis vraiment déçue d'avoir perdu, mais c'est une grande victoire d'être sur le terrain et combattre comme aujourd'hui, ne pas baisser les bras", avouait-elle après sa défaite 6-3, 6-3.

Certes, la Fédération française a mis en place un plan "de sauvetage" avec Nicolas Escudé, Alexia Dechaume, pour lui remettre le jeu en même temps que les idées en place. Trop tard peut-être, mais surtout l''épisode est encore trop frais dans sa tête. On ne succède pas comme cela à M. Rezaï, qui a mené, avec ses méthodes, sa fille jusqu'au plus haut niveau mondial. "J'ai eu une mauvaise préparation", reconnaissait-elle. L'entraîneur aurait pu être remplacé, le père l'est plus difficilement. Et pour une fille qui a été élevée dans une famille très protectrice (voire plus), la transition n'est pas aisée. Et les tensions qui perdurent avec sa famille n'arrangent rien. Depuis le début de la saison, elle n'a remporté que quatre matches, pour désormais dix défaites. Son talent n'est pas en cause, sa volonté non plus, comme les spectateurs du Suzanne-Lenglen ont encore pu le constater contre la Roumaine Begu, 102e mondiale mais victorieuse de 21 matches sur terre pour 5 défaites cette saison à seulement 20 ans. Mais cela reste trop épisodique pour espérer retrouver sourire et efficacité. "Je m'accroche au tennis parce que c'est ce que j'aime vraiment", glisse-t-elle.

Du temps, voilà ce qui a manqué à Aravane Rezaï pour ne pas trébucher au 1er tour à Paris, comme en 2007 et 2008. Du temps, il lui en faudra encore pour retrouver de la sérénité. "Mon objectif est de reconstruire une équipe très forte autour de moi. J'ai déjà une petite idée, mais on va se mettre à table pour discuter de ce qui est bien pour mon futur", avance-t-elle. Pour prendre les bonnes décisions, elle sait qu'elle doit "retrouver la paix en soit, positiver, ne pas penser à ces problèmes. Se donner de la paix en soit, c'est ce que je recherche tous les jours. C'est un combat contre moi-même tous les jours."

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