WTA : Maria Sharapova prend sa retraite

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
La Russe Maria Sharapova lors de l'Open d'Australie 2020, sa dernière sortie en Grand Chelem
La Russe Maria Sharapova lors de l'Open d'Australie 2020, sa dernière sortie en Grand Chelem | AFP - GETTY IMAGES

A 32 ans, Maria Sharapova a annoncé mercredi qu'elle mettait un terme à sa carrière, selon une information du New York Times. La Russe, usée par des blessures à répétition, a préféré dire stop après une élimination précoce au premier tour de l'Open d'Australie fin janvier. Ancienne n°1 mondiale, celle qui avait débuté sa carrière en 2001 a remporté cinq titres de Grand Chelem, s'imposant sur les quatre tournois Majeurs.

"C'est nouveau pour moi, alors pardonnez-moi. Tennis, je te dis au revoir". C'est la fin d'une ère, débutée en 2001. Dans une vidéo publiée sur le site Vanity Fair,  Maria Sharapova a décidé de mettre un terme à sa carrière ce mercredi. La Russe de 32 ans, qui avait échoué fin janvier au premier tour de l'Open d'Australie, a préféré dire stop après plusieurs blessures à répétition.

"En donnant ma vie au tennis, le tennis m'a rendu vivante. Il me manquera chaque jour. L'entraînement va me manquer, et cette routine quotidienne : me lever à l'aube, lacer ma chaussure gauche avant la droite, et fermer la porte du court avant de frapper ma première balle de la journée", raconte dans une vidéo la double lauréate de Roland-Garros en 2012 et 2014. "Mon équipe va me manquer, mes entraîneurs aussi, les moments assis avec mon père au bord du court. Les poignées de main - victoire ou défaite - et les athlètes qui, peut-être sans le savoir, m'ont poussée à donner le meilleur."

Outre Roland-Garros, la Russe a remporté son premier Grand Chelem à Wimbledon en 2004 face à l'autre joueuse qui a représenté cette génération, Serena Williams. Entre les années 2005 et 2010, elle a glané deux autres titres Majeurs, à l'US Open 2006 face à Justine Henin puis à l'Open d'Australie 2008 face à Ana Ivanovic.

La carrière de Maria Sharapova est jalonnée de succès mais aussi de plusieurs échecs, notamment en finale, face à celle qui est désormais la recordwoman de titres en Grand Chelem, Serena Williams (23). Si elle a affronté quatre fois Justine Henin en Grand Chelem durant sa carrière (dont une finale, gagnée, à l'US Open 2008), Sharapova a croisé le fer neuf fois avec l'Américaine lors des Majeurs, dont quatre fois en finale. Elle avait remporté leur tout premier affrontement lors de sa première victoire en Grand Chelem, à Wimbledon 2004, mais n'a depuis plus jamais trouvé la solution en finale (Open d'Australie 2007 et 2015, Roland-Garros 2013).

"Mon corps était devenu une distraction"

Gênée par des blessures fréquentes, la Russe n'a pu défendre correctement ses chances ces dernières années. "Ecouter cette voix intimement, anticiper ce déclin, est aussi la manière avec laquelle j'ai accepté ces signaux quand ils sont apparus. L'un deux est arrivé en août dernier lors de l'US Open. Trente minutes avant d'entrer sur le court, j'avais une procédure pour anesthésier mon épaule afin de jouer le match. Les blessures à l'épaule n'avaient rien de nouveau pour moi - avec le temps, mes tendons s'étaient effilochés. J'ai eu plusieurs interventions chirurgicales et j'ai passé des mois en kiné. Simplement entrer sur ce court ce jour-là m'a fait ressentir une victoire finale, alors que cela aurait simplement dû être le premier vers elle. Je ne raconte pas ça pour récolter la pitié, mais pour dépeindre ma nouvelle réalité : mon corps était devenu une distraction.", conclut-t-elle sur les problèmes qui l'ont poussée à prendre sa retraite.

En juin 2016, Sharapova a connu la plus grosse zone d'ombre de sa carrière en étant suspendue deux ans par la Fédération internationale de tennis après un contrôle positif au meldonium lors de l'Open d'Australie. La Russe s'est justifiée de prendre ce produit, développé pour améliorer la circulation du sang et la récupération, depuis dix ans et ne pas savoir qu'il avait été placé récemment dans les substances prohibées par l'Agence Mondiale Antidopage (AMA), comme l'explique le New York Times. Si la suspension a finalement été ramenée à quinze mois, son retour en  2017 ne lui a jamais permis de retrouver son niveau d'avant, puisqu'elle n'a plus franchi les quarts de finale de Grand Chelem. Avant donc cette élimination en Australie le 21 janvier, pour son 58e tournoi du Grand Chelem. La "reine Maria" a quitté le trône depuis longtemps. La voilà désormais hors circuit.