Serena Williams
Serena Williams | JONATHAN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Serena, lionne en cage

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Anesthésiée par trois échecs de rang à l'Open d'Australie, Roland Garros et Wimbledon, Serena Williams veut rugir de nouveau à l'US Open. Si elle veut rester la reine incontestée de la jungle WTA, l'Américaine devra déjà se défaire de sa jeune compatriote Taylor Towsend au premier tour.

Pour une entrée dans l'arène, il y a mieux que d'affronter Taylor Townsend. Cette jeune Américaine, qui s'était révélée lors du dernier Roland Garros en écoeurant Alizé Cornet, est une sorte de double mal dégrossi de Serena Williams. Si elle est encore un peu tendre et inexpérimentée, comme en atteste sa 103e place mondiale, la puissance de sa frappe de balle n'a déjà rien à envier à celle de son aînée. Alors, dans un bon jour, pourquoi ne faire vaciller celle qui a toujours été son modèle, son idole ? Serena, qui par le passé, avait fait pression pour que la fédération américaine de tennis encadre Townsend, en proie à des difficultés de surcharge pondérale, sait qu'elle devra se montrer sans pitié. D'autant que si elle passe l'obstacle, la suite de son tableau ressemble à un véritable parcours de combattante avec en ligne de mire Ivanovic et Kvitova. 

New York sinon rien

Reste que la pression est énorme pour celle qui n'a pas gagné un seul titre du Grand Chelem cette saison après la razzia de 2013 (trois sacres à Melbourne, Paris et New York) et qui considère que son année sera ratée si elle ne s'impose pas dans deux semaines. La quintuple vainqueur de l'US Open, et qui reste sur 3 succès de rang, a pourtant déjà joué, et gagné, cinq finales en 2014. De même, elle possède une telle marge d'avance au classement WTA que son règne n'est pas directement menacé, la Roumaine Simona Halep, n°2 mondiale, étant reléguée à plus de 3000 points derrière elle. Le bilan n'a donc rien d'infamant mais de la protégée de Patrick Mouratoglou sait qu'à son âge, ce sont les grands chelems qui comptent. Le 18e titre est dans le viseur, il ne lui faudra pas trembler.

Les images de son malaise en double à Wimbledon sont oubliées assure-t-elle. Si on a jamais vraiment su quel mal avait frappé Serena à cette occasion, la version officielle se bornant à la contamination par un virus, l'Américaine veut rejeter tout ça loin derrière elle. Elle a déjà commencé à le faire en amorçant un retour aux affaires tonitruant ces dernières semaines. Elle a disputé trois tournois avec, pour pire résultat une demi-finale (perdue face à son ainée Venus à Montréal) et deux titres à ajouter à son  palmarès (Stanford, Cincinnati) qui en compte désormais 62. Mais, jamais rassasiée, elle ne pavoise pas pour autant : "Je me sens bien mais vu comme s'est déroulée mon année, je suis inquiète à chaque match, je ne regarde pas vraiment le tableau". Attention une lionne blessée est toujours dangereuse.  

Julien Lamotte