Caroline Garcia fait partie des invitées au Masters
Caroline Garcia fait partie des qualifiées au Masters | ROSLAN RAHMAN / AFP

Masters : Caroline Garcia dans la cour des grandes

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Après le manège enchanté en Chine, direction Singapour et le Grand huit pour Caroline Garcia. Dimanche, la Lyonnaise part à l'assaut du Masters face à la nouvelle N.1 mondiale Simona Halep, dont le trône aiguise l'appétit des autres concurrentes.

Pour la première fois depuis onze ans, une Française attaque le prestigieux tournoi de fin d'année dans la peau d'une titulaire. Marion Bartoli y avait participé en 2007 et 2011 en tant que remplaçante. Amélie Mauresmo, titrée en 2005, était la dernière à s'y être qualifiée directement en 2006 (finaliste). Garcia rêve d'imiter encore son ancienne capitaine de Fed Cup en soulevant le trophée mais se réjouit déjà d'y participer pour la première fois en simple, après un baptême en double en 2016. C'était aux côtés de Kristina Mladenovic, qui elle est cette année première réserviste en simple en cas de forfait. Son 24e anniversaire, Garcia l'a passé lundi entre deux aéroports. "La meilleure façon de célébrer son anniversaire... dans un avion pour Singapour et le Masters", a-t-elle tweeté, assise dans un salon de l'aérogare lyonnaise les pouces pointés vers le haut et le sourire jusqu'aux oreilles. La N.1 française savoure son irrésistible fin de saison qui lui a permis de décrocher le huitième et dernier billet pour les "WTAFinals", organisées dans la cité-État d'Asie du Sud-Est. "C'est quelque chose d'extraordinaire. Ce n'était pas prévu dans les plans de se qualifier comme cela à la dernière minute. Il y a trois semaines, j'étais très contente d'être déjà dans le Masters bis à Zhuhai", a-t-elle expliqué samedi, au lendemain du tirage au sort en grande pompe où elle avait troqué débardeur, short et raquette contre une robe de soirée rouge et des talons aiguilles.

Doublé Wuhan-Pékin

Avant le début du tournoi de Wuhan, fin septembre, c'était en effet difficile à imaginer. Sa défaite assez sévère (6-2, 6-4), lors des quarts de finale du tournoi de Tokyo, face à la championne de Wimbledon, l'Espagnole Garbine Muguruza, avait laissé des traces. Mais au lieu de la faire douter, ce match a créé un déclic. La brune élancée (1,77 m, 61 kg) s'est libérée en essayant de prendre du plaisir "lors des gros matches". Conséquence: un parcours fulgurant en Chine avec onze succès d'affilée et donc deux tournois remportés consécutivement, dont le "Premier Mandatory" de Pékin, l'équivalent d'un Masters 1000 chez les messieurs. "Incroyable, c'est le mot! J'ai vécu deux semaines folles. Comment pouvais-je penser en arrivant en Chine que j'allais gagner deux trophées", s'était-elle exclamée, après avoir battu Halep (6-4, 7-6 (7/3)) en finale le 8 octobre.

Objectif top 5

En quinze jours, la Lyonnaise a effectué un bond de onze places au classement pour faire son entrée dans le top 10 et prétendre au Masters. La blessure à un pied de la Britannique Johanna Konta, sa concurrente pour le dernier billet, lui a ouvert les portes de Singapour. Après, Garcia a pris du repos pour soigner sa cuisse droite douloureuse et a essentiellement travaillé "en salle de gym" pour se remettre d'aplomb. A Singapour, le destin a replacé sur sa route deux de ses victimes dans la capitale chinoise: Halep donc, et l'Ukrainienne Elina Svitolina (N.4), dont elle était venue à bout après 3h20 de combat en quart de finale et une balle de match sauvée grâce à un fulgurant revers long de ligne. "Ce point était très important. Sans ça, rien de tout ceci n'aurait été possible", a souligné Garcia, susceptible intégrer le top 5 si elle conquiert le Trophée Billie Jean King. Elle est en revanche la seule des huit participantes à ne pas pouvoir prétendre à la place de N.1 mondiale le 30 octobre. Ce sera l'enjeu majeur du tournoi que l'expérimentée Venus Williams (37 ans) est, parmi les prétendantes, la seule à avoir remporté (2008).

AFP