Marion Bartoli
Marion Bartoli honorée à Wimbledon | CARL COURT / AFP

Bartoli peut-elle réussir son pari ?

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A 33 ans Marion Bartoli va tenter un ambitieux come back sur le circuit féminin. Le défi est à la hauteur de la volonté du personnage : immense. Car s'il existe bien quelques cas de retours réussis dans l'histoire récente, rien ne garantit que la Française sera compétitive après une si longue absence.

Marion Bartoli n'a jamais fait dans la demi-mesure. Alors, quand elle annonce son retour sur le circuit WTA, ce n'est pas pour faire de la figuration. Pas le genre de la maison. "J'ai trois objectifs : gagner la Fed Cup, participer aux Jeux Olympiques à Tokyo en 2020 et remporter un tournoi du Grand Chelem". Rien que ça... 

Quatre ans, une éternité

Pour beaucoup, le challenge, aussi excitant soit-il, paraît irréalisable. Quatre ans sans compétition c'est énorme à l'échelle d'une vie de joueuse de tennis. Et il y a un monde entre bien taper la balle à l'entraînement (tous ceux qui ont eu l'occasion de la voir sur les courts récemment assurent qu'elle n'a rien perdu de sa qualité de frappe) et les efforts physiques et psychologiques qu'impose la compétition. D'autant que le corps de la Tricolore, malmené par un virus qui l'a fait dramatiquement maigrir en 2016, est sujet à interrogations. Déjà fragilisé par un yoyo pondéral, comment encaissera-t-il la violence des efforts à venir ? 

L'exemple des Suissesses Martina Hingis et Patty Schnyder, qui ont elles aussi tenté un come back par le passé, n'incite pas à l'optimisme le plus béat. La première nommée avait décidé de quitter les courts une première fois en 2002 avant de les retrouver en 2006... et de raccrocher de nouveau en 2007, sans avoir signé de victoire significative. Elle effectuera un deuxième come-back en 2013, en double uniquement. Schnyder, elle, a suivi un parcours qui rappelle étrangement celui de la gagnante de Wimbledon 2013.  Après quatre ans loin des courts, elle a essayé de se frayer un chemin vers la lumière mais elle végète aujourd'hui à la 151e place mondiale. 

L'espoir belge

Nul doute que Marion Bartoli ne saurait se contenter d'un retour aussi discret. Quelques éléments plaident tout de même en faveur d'une renaissance au plus haut niveau : déjà, et avant tout, la volonté farouche qui anime la Française. Combattante dans l'âme, on peut parier qu'elle se donnera tous les moyens pour réussir son pari. Quitte à tenter le tout pour le tout. Quand certains lui auraient conseillé de passer par des tournois secondaires pour accumuler les matchs et la confiance, elle a d'ores et déjà annoncé qu'elle planifiait ses premiers matchs à Miami, un tournoi majeur où la pression sera forte. Juste avant d'enchaîner par Roland-Garros...

Si la Suisse n'est pas l'exemple à suivre pour Bartoli, cette dernière pourrait lorgner du côté de la Belgique pour trouver des sources de motivation. Ainsi Justine Hénin, après une parenthèse d'un an et demi, a atteint la finale de l'Open d'Australie en 2010, alors que Kim Clijsters, après deux ans d'absence entre 2007 et 2009, est redevenue N.1 mondiale en 2011 après des victoires à l'US Open et Melbourne.

Julien Lamotte