Alizé Cornet
Alizé Cornet joue gros devant le tribunal disciplinaire de l'ITF' | ADRIAN DENNIS / AFP

Alizé Cornet va devoir s'expliquer sur ses "no show"

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Alizé Cornet va jouer la suite de sa carrière, au moins les prochains mois, mardi à Londres, lors d'une audience disciplinaire au siège de la Fédération internationale de tennis (ITF) à la suite de ses trois "no show" aux contrôles antidopage qui risquent de l'écarter durablement des courts.

Déjà privée d'équipe de France en Fed Cup contre la Belgique et les Etats-Unis en raison de cette affaire, la Niçoise de 28 ans risque gros si elle est reconnue coupable devant le tribunal indépendant  réuni à huis clos. Car le règlement de l'ITF prévoit, comme le code mondial antidopage, une suspension de deux ans ou, en fonction des circonstances, d'un an, pour une telle faute.

En tout état de cause la Française veut sortir de cette impasse et savoir ce qu'il en est. Depuis la révélation, fin janvier, des trois "no show", survenus entre novembre 2016 et octobre 2017, elle est apparue nerveuse sur les tournois, laissant éclater sa colère contre son entourage et perdant des matches à sa portée.

Trois absences de localisation

Alizé Cornet se retrouve dans le collimateur non pas pour un contrôle positif, mais pour trois manquements à ses obligations de localisation auprès de son autorité antidopage, l'ITF, en moins de douze mois. Concrètement, comme tous les sportifs de haut niveau, la 3e Française au classement WTA (34e mondiale) est soumise à des contraintes strictes: dire où elle est au quotidien, et plus précisément donner une adresse exacte où elle peut être retrouvée sur un créneau d'une heure par jour. Si un contrôleur se présente au lieu dit et que l'athlète ne s'y trouve pas, ce dernier se rend coupable d'un "no show". Au bout de trois infractions en moins d'un an, il encourt un ou deux ans de suspension, en fonction de la gravité des faits.

Faute ou malentendu ? 

Devant le tribunal de l'ITF, où la joueuse devrait se présenter avec ses avocats, l'enjeu sera de démontrer qu'une circonstance totalement extérieure à sa volonté a empêché le contrôle et qu'elle a été de totale bonne foi. Notamment sur la 3e séquence fin octobre, où elle estime qu'il y a eu un "malentendu" puisque les contrôleurs n'ont pas réussi à la joindre alors qu'elle était chez elle. Pour la Fédération en revanche, il y a eu une faute.  Il  appartiendra donc à la joueuse d'être convaincante, car dans ce genre de dossier, il est toujours difficile de s'expliquer. 

La décision de l'ITF pourrait tomber juste avant le début de Roland-Garros le 27 mai, tournoi qu'elle avait remporté chez les juniors en 2007. Mais sa participation au tournoi de la Porte d'Auteuil semble compromise. Car si Cornet pourrait alors faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), elle pour autant aucune garantie que la sanction soit suspendue. 
 

Christian Grégoire