Jo-Wilfried Tsonga au premier plan face à Andy Murray
Andy Murray s'excuse auprès de Jo-Wilfried Tsonga, et c'est l'Ecossais qui s'impose | AFP - GLYN KIRK

Wimbledon: Tsonga rate le coche en quarts face à Murray

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Dans le dernier quart de finale du tableau masculin, Jo-Wilfried Tsonga (N.12) n'a pas réussi renverser l'enfant-chéri de Wimbledon, Andy Murray (N.2). L'Ecossais s'impose 7-6 (12/10), 6-1, 3-6, 4-6, 6-1 après près de 4h d'un combat que le Français a parfois dominé (6-4 dans le jeu décisif), et où il a bien failli créer l'énorme sensation du jour. L'Anglais enchaîne une 26e victoire consécutive contre un joueur français en Grand Chelem, et affrontera Tomas Berdych en demies.

Jo-Wilfried Tsonga avait dû abandonner Roland-garros au 3e tour en larmes, à cause de ses adducteurs. A Wimbledon, sur un gazon qui peut convenir à son jeu offensif (demi-finaliste en 2011 et 2012), le Manceau a été sorti, les armes à la main. Avec certainement le sentiment d'être passé à un cheveu d'une énorme performance. Car il n'est pas passé loin de réaliser un exploit, contre un joueur qui ne lui réussit pas. En 14 affrontements, le Français n'avait gagné qu'à deux reprises. Alors affronter un tel adversaire, N.2 mondial, demi-finaliste l'année dernière ici, devant son public, pour le tournoi de rentrée après s'être soigné, tout cela relevait de l'exploit.

Breaké rapidement en début de premier set (3-2), la tête de série N.12 retrouvait une dynamique pour enchaîner trois jeux de suite (mené 4-2, il passait devant 5-4). Les deux hommes se départageaient dans un jeu décisif indécis et acharné, qui semblait à portée du Français puisqu'il menait (6-4). Mais le Britannique restait le plus solide pour s'imposer 12-10, et ensuite enchaîner avec une deuxième manche rapidement expédiée (6-1). La perte de la 1re manche avait eu des effets dévastateurs sur le moral du protégé de Thierry Ascione. Mais il se ressaisissait dans la 3e pour l'empocher assez rapidement également (6-3).

Dans la 4e manche, le niveau montait d'un cran, la tension aussi. Murray menait 4-2, mais perdait son avantage sur la quatrième balle de débreak (après trois consécutives). Le problème, c'est que "Jo" n'était pas impérial au service, subissant les coups d'un des meilleurs relanceurs du circuit. Jusque-là, la tactique de l'Ecossais, visant particulièrement le revers de son adversaire, avait bien fonctionné. Mais sur les trois balles de break obtenues dans ce 8e jeu, le N.2 mondial se faisait planter notamment par une accélération de revers le long de la ligne puis un passing-shot, toujours le long de la ligne. C'est ainsi que Tsonga conservait son service (4-4), et s'en allait à son tour chiper celui de son rival sur un nouveau passing de revers le long de la ligne (5-4). Sur son engagement, il ne laissait pas l'occasion d'égaliser à deux manches partout (6-4).

Pas de "​happy end" pour cette nouvelle "remontada"

Comme lors de son 3e tour contre John Isner, comme contre Roger Federer sur ce même court à ce même stade en 2011 (il avait été le premier à battre le Suisse après avoir été mené deux sets à zéro), le Français s'offrait l'espoir de renverser un adversaire en revenant de nulle part. Après avoir sauvé une balle de break dans le premier jeu de ce 5e set, Andy Murray s'adressait au public avec l'index dressé et la tête remuant de gauche à droite pour dire "No way I'm losing this match". Sur le jeu suivant, il mettait ses paroles en pratique en s'emparant du service adverse sur un formidable coup droit lifté à mi-court (2-0). Cette balle de break était l'ultime tournant du match.

Vaincu une seule fois après avoir mené deux sets à zéro dans sa carrière, Andy Murray ne lâchait plus sa proie, et réalisait un nouveau break (4-0), pour un nouveau cri rageur, à l'adresse de ses supporters. Malgré toute sa volonté d'aller vers le filet depuis le début du 3e set, malgré ses nombreux coups d'éclat (59 coups gagnants contre 44 à son adversaire mais aussi 47 fautes directes contre 23), Jo-Wilfried Tsonga ne pouvait pas combler son retard. Le Français s'arrête en quarts, mais il a livré un énorme combat pour son tournoi de rentrée.