Serena, ivre d'Histoire
Serena, ivre d'Histoire | AFP

Wimbledon : Serena Williams, ivre d'Histoire

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Face à Simona Halep, Serena Williams s'attaquera à l'ultime pan de l'histoire qui lui résiste : les 24 Grands Chelems de Margaret Court. Elle s'y était déjà attelée, en vain, à Wimbledon et à l'US Open la saison dernière. La troisième tentative sera-t-elle la bonne ?

A quelques encablures de l'éternité. Serena Williams a souvent été à cet endroit réservé aux plus grands du sport. A trois reprises plus exactement. A Wimbledon en 2018, il lui manquait un match pour égaler le record de 24 Grands Chelems de Margaret Court. Angélique Kerber l'en a privé. A l'US Open 2018, même rengaine, face à Naomi Osaka. La revoilà en finale de Wimbledon, un an plus tard, face à l'une de ses meilleures rivales de ces dernières années, Simona Halep.

L'énième come-back

Janvier 2019. Serena claudique au moment de pénétrer dans l'arène de la saison. Elle qui dit encore vouloir jouer les premiers rôles et porter son total de titres toujours plus loin, ne fait pas bonne impression. La bête est diminuée : son genou vrille encore, toujours pas remis de sa blessure de 2018. A l'Open d'Australie, elle finit sur les rotules en quarts de finale, face à Karolina Pliskova. La suite est un long calvaire : abandon à Indian Wells en mars, forfait à Miami puis à Rome. Elle n'a quasiment pas joué de la saison, avec seulement 12 matches dans les jambes avant de se présenter à Londres. Elle n'a joué aucun tournoi de préparation...et la voilà pourtant en finale.

 

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Lustre retrouvé

A Wimbledon cependant, la renaissance a enfin eu lieu. D'abord condamnée par tous les oiseaux de mauvais augure au vu de son tirage, elle s'en est sortie, renforcée et de nouveau imbattable. Progressivement, elle a retrouvé la confiance qui lui faisait défaut à Roland-Garros par exemple, à la fois dans son tennis et dans sa tête. "Je me sens mieux qu'au début du tournoi, je m'améliore match après match", a confirmé Williams d'après des propos rapportés par l'AFP. Sa dernière victime, Barbora Strycova, a à peine eu le temps de savourer de sa première demi-finale en Grand Chelem, 6-1, 6-2 en 59 minutes de jeu. Le char Serena était bien lancé.

Serena Williams sera au rendez-vous des demi-finales.
Serena Williams sera au rendez-vous des demi-finales. © Adrian DENNIS / AFP

Longévité bénite 

On en oublierait presque son statut de maman (elle a accouché en septembre 2017, ndlr) et son âge bien avancé pour une joueuse du circuit. A bientôt 38 ans, elle devient d'ailleurs la joueuse la plus âgée à atteindre de tels sommets en Grand Chelem. Son secret? "J'aime ce que je fais et je me lève tous les matins pour être en forme. J'aime mon métier et je suis plutôt bonne à ce que je fais. J'aime ça". L'amour du jeu lui a en tout cas permis de demeurer dans les hautes sphères du tennis féminin pendant vingt longues et riches années. Car son palmarès ne se résume pas à ses 23 Grands Chelems. C'est aussi la joueuse la plus âgée à avoir été numéro un mondiale, ou encore celle qui est restée le plus longtemps à la tête du classement WTA : 186 semaines consécutives. 

Face à Halep, elle devra 

Raccourcir les points. Elle aura face à elle l'un des plus gros moteurs du circuit WTA, capable de galoper des heures sans baisser d'intensité. La surface est, de l'aveu de beaucoup de joueurs, encore plus lente que les années précédentes. Et Simona Halep semble très bien dans son tennis. Ce qui équivaut à dire très peu de fautes directes en vue. L'Américaine devra donc imposer son jeu tout en puissance. Dès le retour, dès le deuxième coup derrière le service, prendre l'ascendant et boucler le point le plus vite possible. 

Eviter de reculer. Lors des ses précédentes défaites cette saison, Serena Williams a eu tendance à légèrement reculer sur le terrain dès qu'elle se faisait accrocher. Or, une Serena Williams à deux mètres de la ligne est une Serena au rabais. D'autant plus face à Simona Halep qui n'est jamais aussi dangereuse que quand on lui laisse le temps de distiller ses coups. Serena Williams devra donc, coûte que coûte, rester agressive, dans le terrain. 

Jouer son jeu. Tout simplement. Ce n'est pas pour rien qu'elle a remporté neuf des dix confrontations face à la Roumaine. Quand elle est à son niveau, Halep n'a pas les armes. Et si l'Américaine est enfin parvenue à retrouver le niveau qui a été le sien pendant tant d'années sur ce tournoi, rien ne dit qu'elle ne connaîtra pas un nouveau trou d'air samedi, sous la pression d'une finale de Grand Chelem. L'issue de cette finale dépend donc grandement du niveau de Serena ce jour-là.