Qui va gagner Wimbledon ?
Qui va gagner Wimbledon ? | AFP

Wimbledon : Federer, Nishikori, Nadal, Querrey ... qui va tirer son épingle du jeu (2/2) ?

Publié le , modifié le

Ce mercredi auront lieu l'ensemble des quarts de finale masculins de Wimbledon. S'ils viennent respectivement à bout de Kei Nishikori et de Sam Querrey, Roger Federer et Rafael Nadal pourraient se retrouver en demi-finale, un mois après leur dernier match dans le dernier carré de Roland-Garros, et onze ans après leur dernière confrontation à Londres. Tour d'horizon des prétendants restants au titre et leurs chances d'aller chercher le troisième Grand Chelem de la saison. Episode 2/2.

• Kei Nishikori 

Pourquoi il peut aller au bout ?

S’il y a bien un joueur en dehors du top 5 des plus réguliers en Grand Chelem, c’est lui. Kei Nishikori va disputer à Wimbledon le 12e quart de finale de sa carrière dans un tournoi majeur, le deuxième seulement à Londres. Pas franchement bousculé jusque-là (un set concédé face à Kukushkin), le Japonais a affiché une sérénité impressionnante, et assumé son statut de tête de série numéro 8. Il ne s’en est jamais caché, à 29 ans, le Nippon vise une victoire en Grand Chelem, il en a le potentiel et fera tout pour atteindre cet objectif avant la fin de sa carrière, quitte à délaisser certains tournois. Il n’était pas passé loin à l’US Open en 2014, et même l’an dernier, lors de sa défaite en demi-finale face à Djokovic. Alors pourquoi pas cette année, au All England Club ?

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Qu’est-ce qui peut l’en empêcher ?

Qu’on se le dise, étant donné son classement et ses facultés sur surface rapide, voir Nishikori dans le dernier carré de Wimbledon n’aurait rien de surprenant. Seulement voilà, le Japonais va devoir se frotter à l’octuple vainqueur du tournoi pour se frayer un chemin en demi-finale. Roger Federer est le grandissime favori pour succéder à Novak Djokovic, et le voir tomber à deux marches d’une nouvelle finale serait une énorme surprise. D’autant que le Suisse, tête de série numéro 2, aime défier le Japonais. En 10 confrontations entre les deux joueurs, le Bâlois s’est imposé à 7 reprises, et a remporté leur unique match en Grand Chelem (Open d’Australie 2017). Nishikori avait bien remporté leur dernier duel au Masters mais restait avant cela sur une dure série de six défaites consécutives face au Suisse. Etant donné le niveau de son futur adversaire depuis le début de la quinzaine, on voit mal comment il pourrait lutter.

Sa cote : ♦♦♦

Kei Nishikori
Kei Nishikori © AFP

• Roger Federer

Pourquoi il peut aller au bout ?

Est-il vraiment nécessaire d’expliquer pourquoi l’octuple vainqueur du tournoi peut décrocher un 9e sacre cette année à Wimbledon ? Sur un nuage depuis le début de la quinzaine - après s’être fait une petite frayeur d’entrée contre le Sud-Africain Lloyd Harris - le Bâlois a enchaîné les démonstrations. Cinq jeux laissés à Matteo Berrettini, neuf à Jay Clarke, et treize à Lucas Pouille, le Suisse a été expéditif avant les quarts de finale. Eliminé à ce même stade du tournoi l’an dernier, le vainqueur de l’édition 2017 a aussi une revanche à prendre au All England, et rien ne semble pouvoir l’arrêter vers la conquête d’un 21e Grand Chelem. Avec Novak Djokovic, il est le grandissime favori du tournoi, et il faudra être fort, très fort pour parvenir à le faire vaciller. Son récent titre à Halle l’a encore prouvé.

Qu’est-ce qui peut l’en empêcher ?

On ne saurait vraiment miser sur Kei Nishikori en quarts de finale, mais si un joueur peut bien stopper Roger Federer vers sa quête d’un neuvième sacre, c’est Rafael Nadal. Oublié l’imbroglio sur le choix des têtes de série, les deux compères devraient, selon toute vraisemblance, se retrouver en demi-finale. Pas une mince affaire pour le Suisse, qui a toujours eu du mal face au Majorquin sur le gazon londonien. Si leur dernière confrontation à Londres remonte à 2008, Nadal peut se vanter de l’avoir gagnée (6-4, 6-4, 6-7, 6-7, 9-7), et pourrait bien rééditer son exploit onze ans plus tard. La dernière demi-finale de Grand Chelem entre les deux hommes n’est vieille que d’un mois, à Roland-Garros. Federer n’avait pas eu les armes pour dompter l’Espagnol dans son jardin. Nadal saura-il le faire en terrain ennemi ? On est prêts à prendre le pari.

Sa cote : ♦♦♦♦♦

Roger Federer
Roger Federer © AFP

• Rafael Nadal

Pourquoi il peut aller au bout ?

Sur la lignée de sa quinzaine parfaite Porte d’Auteuil, Rafael Nadal a enchaîné comme il n’aurait pas pu mieux le faire à Wimbledon. Incroyable de facilité face à Joao Sousa, intouchable face à Jo-Wilfried Tsonga, le Majorquin s’est sorti du piège Nick Kyrgios au deuxième tour alors qu’il aurait aisément pu y laisser des plumes. Oui Nadal est un ogre sur terre battue mais son jeu ne se limite pas à cela, et l’Espagnol a les arguments pour s’imposer une troisième fois à Londres. Quand il passe la première semaine sans encombre, le numéro deux mondial est même un candidat sérieux au titre. Pour preuve, il a 75% de chances d’atteindre les demi-finales une fois le 3e tour passé, et ne s’est incliné qu’une seule fois aux portes de la finale (en 2018 face à Djokovic). Autant de statistiques qui lui donnent pleine légitimité pour viser un nouveau sacre en Grand Chelem. Ce serait le 19e.

Qu’est-ce qui peut l’en empêcher ?

On pourrait reprendre les mêmes arguments que ceux explicités pour Roger Federer, mais dans le sens inverse. S’il est difficile d’imaginer Sam Querrey renverser ce Rafael Nadal là, le Suisse a lui, tous les atouts pour faire tomber le Majorquin avant la finale. Sur un gazon qui profitait jusqu’à lors à des joueurs plutôt à l’aise au filet, la donne a changé. Avec le ralentissement de la surface, les échanges à rallonge, peuvent avantager désormais les gros défenseurs, type Nadal ou Pella. Mais cette réalité du terrain a bien été appréhendée par la grosse majorité des joueurs du circuit, et Roger Federer sait comment faire mal au Majorquin. C’est d’ailleurs en faisant évoluer son jeu que le Suisse a pu s’imposer 6 fois depuis 2015 contre son homologue. S’il a lieu, le combat promet d’être titanesque.

Sa cote : ♦♦♦♦

Rafael Nadal
Rafael Nadal © AFP

• Sam Querrey 

Pourquoi il peut aller au bout ?

On ne s’attendait pas à voir l’ancien demi-finaliste (2017) de retour dans le top 8 de Wimbledon cette année, mais voilà, l’exploit de Sam Querrey face à Dominic Thiem, tête de série numéro 5, au premier tour, a ouvert le tableau de l’Américain comme jamais. Solide face à Millman, renversant face à Sandgren, le joueur de 31 ans semble trouver une nouvelle jeunesse sur cette édition, lui qui n’avait plus dépassé les huitièmes d’un Grand Chelem depuis l’US Open 2017. Redescendu à la 65 e place mondiale, Querrey est le joueur le moins bien classé parmi les rescapés du tableau masculin, mais son passif sur gazon nous force à le considérer comme un outsider solide. Tombeur de Rafael Nadal à Acapulco il y a deux ans, l’Américain pourrait très bien créer l’exploit en quart de finale, et s’offrir un dernier carré de prestige. Après cette étape, tout est possible, et le All England n’est pas à l’abri d’une énorme surprise.

Qu'est-ce qui peut l'en empêcher ?

Comme nous l'avons écrit précédemment, Sam Querrey a beau avoir des atouts intéressants et un passif sur gazon, mais son âge, son classement et surtout son physique ne prêtent pas à l'optimisme. Après son exploit inaugural face à Dominic Thiem, il lui faudrait rééditer pareille performance à deux reprises, face à deux mastodontes du circuit, pour être sacré. Le voir éliminer Rafael Nadal relèverait déjà de l'inattendu mais enchaîner avec une victoire sur Federer tiendrait du miracle, d'autant que l’Américain n'est plus vraiment habitué à jouer de telles rencontres au meilleur des cinq manches, avec une intensité de chaque instant. Classé 65e à l'Atp, il a déjà largement réussi son tournoi en atteignant les quarts de finale. Difficile de l'imaginer poursuivre l'aventure un peu plus loin.

Sa cote : ♦

Sam Querrey
Sam Querrey © AFP