JO-Wilfried Tsonga
JO-Wilfried Tsonga | Leon Neal / AFP

Wimbledon: Federer domine Djokovic pour sa 8e finale

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La première demi-finale de Wimbledon a permis à Roger Federer de dominer le N.1 mondial, Novak Djokovic (6-3, 3-6, 6-4, 6-3). Grâce à ce succès, le Suisse se qualifie non seulement pour sa 8e finale à Londres (pour six victoires), mais il n'est plus qu'à un succès de reprendre possession de la place de N.1 mondial. Il lui faudra pour cela vaincre Andy Murray, vainqueur de Jo-Wilfried Tsonga (6-3, 6-4, 3-6, 7-5).

La place de N.1 mondial était en jeu. Depuis le tirage au sort de Wimbledon, Roger Federer sait qu'il peut reprendre les commandes du classement mondial en soulevant, pour la 7e fois de sa carrière, le précieux trophée à Londres. Placé dans la moitié de tableau de Novak Djokovic, le Suisse savait qu'il avait un sacré défi à relever pour être couronné, d'autant qu'il s'était incliné à six reprises lors des 7 dernières confrontations contre le Serbe, depuis le début de la saison 2011.

Seulement voilà, le gazon de Wimbledon est un endroit bien particulier pour l'Helvète. Sacré à six reprises dans sa carrière sur ce terrain, le 3e mondial n'avait surtout jamais perdu la moindre manche en demi-finale ici. Une invincibilité, couplée à une source de motivation supplémentaire, voilà qui pouvait logiquement lui permettre de renverser le maitre du tennis mondial actuel. Comme depuis le début de la quinzaine, Novak Djokovic a alterne le bon, et le moins bon. Une inconstance qui l'a laissée en vie jusque-là, mais qui ne suffit pas pour franchir l'obstacle représenté par Federer.

Le 3e set, un tournant

L'Helvète a d'abord pris rapidement les commandes au score (6-3), avant de voir son adversaire se réveiller, faisant le break d'entrée pour mener (3-1) et finalement égaliser à un set partout (6-3), en moins d'une heure de jeu. RF a donc attendu sa 8e demi-finale londonienne pour concéder un set. Et le match s'équilibrait alors. A 4-3, le Suisse avait une balle de break, effacée par son adversaire. Mais à 5-4, il avait une nouvelle occasion de s'emparer de l'engagement adverse, s'octroyant en prime une balle de set. Et c'est au filet qu'il venait la chercher, ayant dominé l'échange en fond de court avant de finir par un smash (6-4). Le poing serré, un cri de joie, le N.3 mondial savait qu'il avait peut être pris le bon virage, au moment important.

Et c'est vrai que "Djoko" a ensuite accusé le coup, commettant énormément de fautes. Dans le 4e set, le Serbe donnait littéralement le match à son rival en commettant d'énormes fautes, avec un revers nettement dans le couloir puis un coup droit allant au même endroit, pour céder son service (2-0). Sentant sa proie bonne à prendre, Roger Federer ne la lâchait plus, et s'imposait finalement, sur un dernier retour de coup droit dans le filet de Djokovic, 6-3, 3-6, 6-4, 6-3. Après deux éliminations en quarts de finale ces deux dernières années, Roger Federer retrouve le chemin de la finale. Et il pourrait accrocher son 17e titre en Grand Chelem, le premier depuis l'Australie en 2010, alors qu'il est le premier trentenaire à jouer en finale à Wimbledon depuis 28 ans et Jimmy Connors. Il pourrait affronter Tsonga, qui l'avait battu ici l'an dernier, ou Murray, qu'il na jamais joué sur gazon mais qui l'a battu huit fois en quinze affrontements.

Tsonga, le rêve brisé

Jo-Wilfried Tsonga ne sera pas le premier à rejoindre Cédric Pioline (US Open 1993, Wimbledon 1997) comme le seul Français, depuis le début de l'ère Open (1968), à avoir atteint plusieurs finales du Grand Chelem. S'il n'a pas démérité, loin de là, le Manceau a manqué d'armes pour faire tomber un Andy Murray que la pression poulaire n'avait pas paralysé. L'Ecossais est désormais en position idéale pour offrir dimanche à la Grande-Bretagne un titre du Grand Chelem qu'elle attend depuis 76 ans, et la victoire de Fred Perry à Wimbledon (1936).

Murray a fait la différence dans les deux premières manches où, ne ratant rien, il mettait au supplice Tsonga sur ses secondes balles : le Français ne gagnait que deux points sur les vingt disputés derrière son second service... Mais "Jo" a réagi à partir du troisième set en prenant tous les risques avec pas mal de panache. Il est parvenu à faire douter Murray, dont le mental pouvait être le point faible après trois demi-finales perdues d'affilée à Wimbledon. Murray a breaké le premier au début de la quatrième manche (3-1), mais a reperdu immédiatement son service avant d'avoir lui-même à écarter des balles de break à 4-4 qui auraient pu le conduire à un cinquième set très dangereux. Il a finalement conclu dès sa première balle de match d'un retour gagnant sur la ligne. "Je suis soulagé et excité à la fois. C'était très serré dans les deux derniers sets, nous avons eu tous les deux nos chances. A 4-4, il a eu des balles de break mais j'ai réussi à tenir. Il a commencé à mieux servir et à faire des volées incroyables à partir du troisième set, même en plongeant parfois", a commenté l'Ecossais.

Déclarations :

Novak Djokovic : "Jusqu'à la fin du troisième set c'était serré. Ensuite mon pourcentage de premières balles a baissé. J'ai fait un mauvais jeu de service et il a su saisir ses occasions. Au quatrième set, mon niveau d'énergie a baissé. Il a bien joué, ça ne fait aucun doute, il a été agressif dans les moments importants. C'est ce qu'on attend de Roger. Je savais qu'il fallait que je sois très régulier pour gagner et je ne l'ai pas été. J'ai eu des hauts et des bas. Il a très bien servi, avec un haut pourcentage de premières balles et beaucoup de précision dans les secondes. Je ne me sentais pas si bien que ça. Ces derniers jours, je ne me sentais pas très bien, mais je ne veux pas en parler maintenant. J'ai perdu contre un grand champion, celui qui a gagné le plus de titres du Grand Chelem. Je regrette de ne pas avoir joué aussi bien que je l'espérais mais c'est le sport, la vie continue. C'est très difficile de refaire ce que j'ai fait l'année dernière. Avec l'histoire que Roger a à Wimbledon, il sera le favori en finale. S'il gagne et devient N.1, il l'aura mérité".

Roger Federer: "Je sais qu'il me reste un match, mais ça fait plaisir de battre quelqu'un comme Novak, qui a été si bon l'an passé. C'était un match très important, nous ne nous étions jamais affrontés sur herbe. C'est le genre de victoire qui donne confiance. J'espère que je pourrai m'en servir en finale. A cause de nos services, il n'y a pratiquement pas eu d'échanges dans les deux premiers sets. Ca a joué en ma faveur. J'ai pu être très agressif. J'ai très bien joué dans le troisième set. J'ai été offensif, je cherchais la victoire. J'ai pu augmenter la pression sur Novak. Je suis très fier d'avoir la possibilité d'égaler Pete (Sampras, ndlr). J'admire beaucoup ce qu'il a fait. Gagner sept finales sur sept à Wimbledon, c'était incroyable. J'espère que la finale sera jouée en plein air, c'est comme ça que c'est censé être ici. J'ai la chance d'être de nouveau N.1. C'est un grand match pour moi. C'est déjà ma huitième. Je ne suis jamais passé à côté d'une finale ici. La seule fois que j'ai perdu, c'était 9-7 au cinquième set contre Rafa (Nadal)".

Andy Murray : "Roger est un des plus grands joueurs de l'histoire. Il est régulier depuis des années. C'est très difficile de le battre ici. Je ne serai pas favori mais si je joue bien je suis capable de gagner. Contre Tsonga les deux premiers sets ont été faciles et après ça c'est devenu plus dur. J'ai joué un mauvais jeu dans le troisième set qui l'a remis en selle. Il a commencé à mieux jouer et à servir très bien sur les points importants. Le match n'était pas très dur physiquement car il n'y avait pas beaucoup d'échanges longs. Je ne vais pas aller fêter ça. Ce n'est pas la fin du tournoi. J'espère que tout le public sera derrière moi dimanche car ce sera un très grand défi."