Serena Williams
Toute la rage de Serena Williams | GLYN KIRK / AFP

Williams sans pitié pour Sharapova

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Serena Williams a profité des largesses de Maria Sharapova pour, sans forcer, se qualifier pour sa huitième finale à Wimbledon (6-2, 6-4). L'Américaine visera un sixième titre face à la jeune Espagnole Garbine Muguruza qui n'aura rien à perdre contre la numéro 1 mondiale.

Ce qui s'appelle avoir l'ascendant. Tennistique et psychologique. Serena Williams se joue de Maria Sharapova comme d'un pantin. L'Américaine, qui restait sur 16 victoires de rang sur la Russe a de nouveau proprement exécuté l'une de ses victimes préférées sur le circuit WTA. La n°4 mondiale, si combative d'habitude, apparaît totalement sans défenses face à sa prédatrice. Son jeu tout en puissance mais finalement sans variation sied parfaitement à Serena qui peut à loisir s'appuyer sur la vitesse de la balle adverse pour encore mieux contrer la Slave. Surtout, la numéro 1 mondiale sait mieux que personne mettre en lumière la grande faiblesse de Sharapova : les déplacements latéraux. Et encore une fois, elle ne s'en est pas privée.

Agression caractérisée sur les secondes balles

La quintuple vainqueur de Wimbledon n'a pourtant pas besoin de ça pour se sentir en confiance mais Maria Sharapova lui offre sur un plateau, agrémenté de trois double fautes, le premier jeu du match. Dès lors, l'Américaine n'a plus qu'à jouer sur du velours. Sans forcer, elle s'empare même une seconde fois de l'engagement adverse pour boucler une première manche presque sans histoire. Avec 83 % de points gagnés derrière sa première balle, il ne pouvait de toute façon pas lui arriver grand chose... A contrario, la Russe est en danger sur chaque seconde balle (77% de points perdus) et ses ahans ne lui sont d'aucun secours. On comprend mieux pourquoi elle n'est parvenu à prendre qu'un set à sa rivale lors des douze derniers matchs...

En début de seconde manche, Sharapova fait bien illusion jusqu'à 2-2 mais elle surjoue clairement. Sans plan B dans son jeu, elle commet une nouvelle grossière double faute qui ouvre les portes de la finale à Williams. Celle-ci aurait pu emballer l'affaire plus cliniquement encore si elle avait concrétisé l'une de ses trois balles de brak à 4-2 mais ce n'est qu'une question de minutes. Certes, elle sauve une balle de match mais le public de Centre Court n'aura plus l'occasion d'espérer un retour de la belle Russe. Serena Williams boucle la démonstration sur trois aces et décroche une huitième finale à Londres. Elle cherchera à y décrocher un 21e titre du Grande Chelem. Reste à se débarrasser de la jeune Garbine Muguruza, celle-là même qui l'avait surprise au 2e tour de Roland Garros l'an passé. Qui sait, l'Espagnole sans complexe posera peut-être plus de problème à l'Américaine que Maria Sharapova ? 

Julien Lamotte