Jo-Wilfried Tsonga
Jo-Wilfried Tsonga | PATRICK KOVARIK / AFP

Tsonga : "Je me mets trop de pression"

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Cinq jours après sa cinglante défaite en demi-finale de Roland-Garros contre David Ferrer (6-1, 7-6, 6-2), Jo-Wilfried Tsonga est revenu dans les colonnes de l’Equipe sur ce match. Le numéro 1 français confie se mettre trop de pression mais veut rapidement effacer cette déconvenue pour atteindre son objectif : gagner un Grand Chelem.

Arrivé sur le gazon du Queen’s afin de préparer Wimbledon (24 juin - 7 juillet), Jo-Wilfried Tsonga n’a pas encore oublié sa défaite contre David Ferrer. « Mes matches de l’an dernier, j’y pense encore aujourd’hui. Mais je n’ai pas de regrets quand je pense à cette demi-finale, j’ai fait tout ce que je pouvais. Je me dis juste : c’est quand même dommage », dédramatise le Manceau. A l’heure des comptes, il préfère retenir le positif : « Ce match me servira dans mes prochaines compétitions car il y a eu deux ou trois choses, notamment l’attente, que j’aurais pu mieux gérer, admet le 7e joueur mondial, tête de série n.6 à Paris. Peut-être que si j’avais joué en premier, ça aurait été plus simple. Mais c’est trop facile de dire ça. »

Sans se chercher d’excuses, l’ancien finaliste de l’Open d’Australie tente d’analyser cette déroute face à l’Espagnol pour sa première qualification dans le dernier carré Porte d’Auteuil. « Je suis arrivé sur un court à moitié vide et il y avait pas mal de vent. Puis il y avait aussi l’ombre et le soleil que j’ai beaucoup de mal à gérer parce que je suis daltonien (…). J’ai eu l’impression de ne jamais vraiment entrer dans la partie. C’est pour ça que j’étais frustré à la fin », confesse le Sarthois.

Tsonga : "Comme si j'avais une double personnalité"

Plus que les éléments extérieurs venus le perturber, il justifie sa défaite par la pression trop importante qu’il se met sur les épaules. « Je suis trop perfectionniste. Je veux faire trop bien et ça génère de la frustration que j’ai ensuite un peu de mal à gérer. Je m’engueule. C’est comme si j’avais une double personnalité », confesse le Français de 28 ans. « La pression, c’est un moteur qui m’a permis d’atteindre certaines choses dont je n’aurais même pas rêvé après ma blessure au dos, tempère toutefois celui qui est engagé en double avec Nicolas Mahut au tournoi du Queen’s. Et en même temps ça me dessert car je suis parfois trop dur avec moi et je me tue tout seul. »

Malgré cet échec, Tsonga est sur la même longueur d’onde que son entraîneur. Avant sa demie, Roger Rasheed s’était déclaré convaincu que son joueur avait le potentiel pour remporter un Grand Chelem. « Je vais être plus connu dans mon pays si je joue bien à Roland-Garros mais je m’en fous de ça, affirme JWT (...). L’objectif est de gagner un Grand Chelem. Peu importe lequel. » Confronté au scepticisme de certains, le leader du tennis français masculin balaie d’un coup de main les critiques sur ses performances. « A Roland-Garros, en début de carrière, personne ne croyait en moi. J’ai atteint les huitièmes, puis un quart. Là, j’étais en demies, se défend le vainqueur du tournoi de Marseille cette saison. C’est marche par marche. Je progresse malgré tout et je franchis des caps. »

Objectif Grand Chelem

Conscient du statut qu’il doit assumer, Jo-Wilfried Tsonga ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. « Le plus dur est de confirmer (…). Si je fais un premier tour à Wimbledon demain, j’efface presque ma demie à Roland, juge-t-il. J’aimerais confirmer à Wimbledon. Je suis en forme. C’est l’occasion d’essayer d’aller décrocher un truc tip-top. » Demi-finaliste ces deux dernières années sur le gazon londonien, le Français vise une finale dans la capitale anglaise. Voire mieux...

Vidéo: la défaite de Tsonga contre Ferrer

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Jerome Carrere